
Gosselies : opposition à un projet de centrale à béton
Le projet de construction d’une centrale à béton à Gosselies, proposé par la société VDRT, suscite des inquiétudes croissantes parmi les riverains et l’association Natagora. Alors qu’une enquête publique est en cours, l’association met en avant les dangers potentiels pour la biodiversité et les ressources en eau, tout en plaidant pour l’établissement d’une réserve naturelle sur le terril de Trévieusart.
Une soixantaine de personnes, incluant des habitants de la région et des membres de Natagora, se sont réunies récemment sur le site concerné, où VDRT prévoit d’implanter sa centrale à béton recyclé. Ce terrain, qui comprend un étang artificiel, est situé entre l’autoroute A54 et le canal Charleroi-Bruxelles. Malgré les avis défavorables émis par la commune de Charleroi et les communes voisines de Courcelles et Pont-À-Celles, VDRT a soumis une nouvelle demande de permis à la Région wallonne. L’enquête publique doit se conclure le 31 août, après quoi le dossier sera examiné par les autorités régionales.
Les préoccupations de Natagora sont particulièrement axées sur les besoins en eau de la centrale. Selon Marc Stiéman, membre de l’association, l’installation pourrait pomper de l’eau de l’étang, provenant d’une nappe phréatique mise à jour lors de l’exploitation du schiste houiller, représentant un volume équivalent à trois piscines olympiques par an. Il souligne également les incertitudes liées à l’avenir de cette nappe face à des étés de plus en plus secs et chauds.
En plus des enjeux hydriques, Natagora avertit que le projet pourrait nuire à un écosystème déjà riche, abritant des espèces telles que le crapaud calamite, l’alouette lulu et diverses abeilles sauvages. Bien que VDRT ait proposé des modifications pour préserver la biodiversité, cela n’a pas suffi à rassurer les riverains et l’association.
Les nuisances potentielles liées à la centrale ne se limitent pas à la biodiversité. La manipulation de matériaux et le trafic de camions pourraient engendrer des poussières et une augmentation du bruit, sans compter les risques de rejets accidentels. Pascal, un riverain de Courcelles, exprime son inquiétude : « Ils vont traiter des déchets d’asphalte, de goudron… On aura plus de camions alors qu’on est déjà embêtés avec le charroi d’une autre société toute proche. C’est catastrophique pour tous les riverains. »
Face à ces menaces, Natagora collabore avec la Ville de Charleroi pour créer une réserve naturelle sur deux parcelles du terril de Trévieusart. Une convention est en cours de relecture par les services communaux. Toutefois, Marc Stiéman souligne que la réserve ne protégerait qu’une petite partie de la zone, laissant la partie la plus riche en espèces rares, où la centrale est projetée, sans protection.
Les membres de Natagora et les riverains espèrent que la commune pourra reclasser cette parcelle en zone naturelle, plutôt qu’industrielle, afin de préserver cet espace vital pour la biodiversité.
