
Fusillades à Bruxelles : le procureur Julien Moinil attend des brouilleurs de GSM en prison
L’enquête sur les récentes fusillades à Bruxelles, qui ont choqué la capitale belge, met en lumière un affrontement violent entre deux groupes criminels autrefois alliés, en quête de domination sur des points de vente de drogue très lucratifs. Selon le procureur du Roi, Julien Moinil, ces conflits sont alimentés par une « cupidité » insatiable, où la violence se manifeste sous forme de torture, d’enlèvements et de fusillades. Les enjeux financiers sont colossaux, atteignant plusieurs milliers d’euros par semaine.
Le 21 août, un incident marquant a eu lieu lorsque des tirs ont été dirigés vers un commissariat à Anderlecht, déclenchant une enquête immédiate. Les premières actions ont inclus l’analyse balistique et le travail des experts de la police fédérale, ainsi qu’une sécurisation de la zone et l’exploitation des caméras de surveillance. La section de criminalité organisée du parquet a pris le relais, avec une équipe de sept magistrats dédiée à cette affaire.
Cependant, le manque d’efficacité des dispositifs de surveillance soulève des inquiétudes. Bernard Quintin, ministre fédéral de l’Intérieur, a souligné que des branches d’arbres avaient entravé la visibilité des caméras, qui, pour certaines, sont obsolètes et de mauvaise qualité. Moinil a exprimé son indignation face à l’état des systèmes de sécurité, se demandant si nous sommes en 2026 ou dans les années 40, et a plaidé pour l’installation de caméras modernes afin de mieux suivre les mouvements des criminels.
Les arrestations de tireurs, y compris de mineurs, ne résolvent pas le problème des commanditaires, qui continuent d’exercer leur influence même depuis les prisons. Moinil a cité la prison de Haren, où certains criminels conservent leur pouvoir, capable de planifier des actes criminels depuis leur cellule. Il a également insisté sur la nécessité d’introduire des brouilleurs de téléphones dans les établissements pénitentiaires pour entraver ces communications illicites.
Les commanditaires ne se limitent pas à la Belgique, certains se trouvant au Maroc. Moinil a noté une coopération positive avec les autorités marocaines, bien que des défis persistent, notamment en ce qui concerne l’extradition de citoyens marocains.
En réfléchissant à la situation actuelle, Moinil a exprimé des regrets quant à l’absence d’initiatives préventives dans le passé. Il a souligné l’importance d’investir dans l’éducation et le soutien à la jeunesse pour éviter que de nouveaux individus ne tombent dans le cycle du narcotrafic. Il a averti que sans un engagement accru dans ces domaines, la violence et la criminalité risquent de perdurer.
