
Fusillades à Bruxelles : Bernard Quintin déclare « Une guerre qu’on ne peut pas perdre » et veut « noyer le terrain » avec la police.
La situation de la violence liée au trafic de drogue à Bruxelles semble atteindre un nouveau seuil alarmant. C’est le constat établi par Bernard Quintin, à l’issue d’un conseil régional de sécurité qui a réuni divers acteurs, allant des autorités locales aux représentants du parquet et de la commissaire nationale aux drogues. Pour le ministre fédéral de l’Intérieur et de la Sécurité, il est impératif de répondre de manière plus efficace à cette problématique croissante.
« Nous allons franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le narcotrafic, qui est ma priorité absolue », a déclaré Bernard Quintin. Ce message fort souligne l’urgence d’une action collective pour contrer le crime organisé lié à la drogue, qu’il qualifie d’urgence nationale.
La réunion a mis en lumière la nécessité d’une réponse policière renforcée, notamment après des incidents récents, tels que des fusillades. Quintin a insisté sur le fait que les interventions policières doivent être plus nombreuses et rapides. « Actuellement, nous envoyons parfois deux ou trois patrouilles, mais il faut que nous puissions en déployer cinq, six ou sept », a-t-il précisé. Il évoque l’importance de « noyer le terrain » avec une présence policière accrue pour dissuader les actes violents.
Le ministre souhaite également mobiliser davantage les brigades spéciales des forces de police. Après un tir, il est essentiel de déployer rapidement des unités spécialisées sur les lieux. Cette approche s’inscrit dans le cadre de la fusion des zones de police à Bruxelles, une mesure que Quintin considère comme un moyen d’augmenter les capacités d’intervention.
Quintin a également souligné que la nature des violences évolue, indiquant que nous sommes « clairement dans une guerre de territoire ». Il a mentionné la possibilité d’une alliance entre différents groupes criminels, qui pourraient envoyer un message à l’État pour exiger de pouvoir opérer sans entrave. La fusillade contre le commissariat d’Anderlecht illustre cette évolution inquiétante, où l’État devient une cible.
Pour renforcer la sécurité, le ministre a annoncé un budget de 7,5 millions d’euros pour l’installation de caméras de surveillance à Bruxelles, dont un million spécifiquement pour la zone Midi. Cependant, il a reconnu que des obstacles bureaucratiques, tels que les permis d’urbanisme et les problèmes liés à la végétation, ralentissent le déploiement de ces dispositifs. « Il faut parfois deux ans pour obtenir les permis, et des arbres peuvent bloquer la vue des caméras », a-t-il expliqué.
Quintin a insisté sur l’importance de prioriser l’installation et la réparation des caméras. « Si un arbre empêche de surveiller une zone de deal, il faut agir », a-t-il affirmé, tout en précisant qu’il ne s’agit pas de couper tous les arbres, mais de prendre des mesures ciblées.
Concernant le marché de la drogue, le ministre a observé une baisse significative du prix de la cocaïne, qui est passé de 100 à 16 dollars le gramme. Cette diminution, selon lui, démontre que la pression sur le trafic doit être intensifiée. « La guerre contre le narcotrafic est une guerre que nous ne pouvons pas perdre », a-t-il déclaré, soulignant que chaque action compte dans cette lutte de longue haleine.
Quintin a également appelé à une mobilisation des bourgmestres pour qu’ils utilisent pleinement leurs pouvoirs administratifs afin de fermer les commerces liés à des activités illégales. « Il faut avoir le courage de prendre des mesures d’interdiction là où c’est nécessaire », a-t-il insisté, affirmant que ces actions peuvent avoir des effets rapides et significatifs.
La réunion de sécurité a eu lieu dans un contexte de tensions politiques croissantes sur la gestion de la situation à Bruxelles. Le ministre a rappelé qu’il existe une responsabilité historique dans cette dégradation. « Personne ne peut dire que la situation à Bruxelles est bonne », a-t-il affirmé, tout en appelant à une action collective pour faire face à cette crise.
Bernard Quintin a conclu en affirmant que la lutte contre le narcotrafic dépasse les frontières de Bruxelles et nécessite une approche globale. « Nous devons travailler sur toute la chaîne », a-t-il déclaré, en insistant sur le fait que la lutte contre le narcotrafic est sa « priorité numéro un » et une « urgence nationale ».
