
France : moins d’un an avant la présidentielle, Glucksmann cible d’une opération russe de « déstabilisation »
Raphaël Glucksmann, eurodéputé et critique virulent du régime russe, a récemment révélé sur ses réseaux sociaux qu’il a été la cible d’une attaque orchestrée par un faux média. Ce dernier a imité les codes du site d’information en ligne Blast pour diffuser de fausses informations, notamment des documents falsifiés et une vidéo truquée impliquant sa compagne, Léa Salamé, ainsi que le journaliste Edwy Plenel. Cette désinformation prétendait qu’un « complot » était en cours pour favoriser la candidature présidentielle de Glucksmann.
Dans cette vidéo, il est allégué que Léa Salamé aurait tenté de soudoyer des médias pour promouvoir la candidature de son mari. Glucksmann a déclaré avoir été informé par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale qu’il était sous la menace d’une opération menée par le groupe Storm-1516, un réseau lié aux services secrets russes, le GRU. L’eurodéputé, qui a été conseiller de l’ancien président géorgien pro-européen Mikhaïl Saakachvili, a affirmé que cette opération de désinformation avait été identifiée et attribuée avec précision.
Cette manipulation a été détectée en fin de semaine dernière et a été confirmée par une source sécuritaire qui a précisé que Storm-1516 avait déjà ciblé d’autres personnalités, y compris l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, en diffusant de fausses informations sur sa santé.
Concernant la méthode utilisée, la source a noté que l’opération contre Glucksmann avait « un niveau de visibilité relativement faible », mais qu’elle était « relativement sophistiquée », impliquant l’utilisation de deepfakes. Ce procédé consiste à détourner l’identité et la voix d’une personnalité connue pour accroître la portée d’un mensonge. Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, avait d’ailleurs mis en garde contre cette fake news, soulignant que l’objectif était de salir des figures politiques jugées hostiles au Kremlin.
Glucksmann a exprimé son inquiétude quant à ces attaques, affirmant qu’elles s’inscrivent dans une stratégie plus large de déstabilisation orchestrée par Vladimir Poutine, qui viserait à affaiblir la démocratie en France et à favoriser des candidats démagogues. Il a averti que les services russes cibleraient systématiquement les candidats pro-européens.
Dans ce contexte, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a souligné la nécessité d’une réponse collective face à ces campagnes de désinformation, rappelant que plusieurs candidats de son parti avaient également été victimes d’opérations similaires, cette fois-ci en lien avec des ingérences israéliennes. Une enquête est actuellement en cours pour faire la lumière sur ces incidents.
