
FIFA : Gianni Infantino organise discrètement une réunion de crise au Maroc, rien n’a filtré
Une réunion discrète s’est déroulée récemment au siège de la FIFA pour l’Afrique, situé dans le complexe Mohammed VI de Salé, près de Rabat. Bien que l’événement n’ait pas été ouvert aux médias, des journalistes de l’AFP ont observé plusieurs véhicules entrer sur le site en fin de matinée. En fin de journée, une source anonyme a confirmé que la rencontre était achevée, et des voitures aux vitres teintées, escortées par un véhicule de police, ont quitté les lieux peu avant 18h30, heure locale.
Le contenu des discussions reste flou, tout comme les raisons qui ont conduit à choisir le Maroc comme hôte de cette réunion. Il est à noter que le pays se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Gianni Infantino, président de la FIFA, était présent au Maroc la semaine dernière pour célébrer la Fête du Trône.
Sous la direction de Gianni Infantino, qui occupe le poste depuis une décennie, la FIFA a connu des projets controversés. Récemment, il a proposé la création d’une entité externe, la FIFA Forward Enterprise (FFE), destinée à gérer les activités commerciales de l’organisation ainsi que les tournois, en intégrant des investisseurs privés. Ce projet, dévoilé de manière inattendue, a suscité une vive opposition, notamment de la part de l’UEFA, ce qui a conduit à son retrait dans la nuit de vendredi à samedi.
Des figures influentes au sein de la FIFA, comme Arsène Wenger et le secrétaire général Mattias Grafström, ont exprimé leur désaccord avec Infantino. Grafström a même évoqué, dans une lettre aux employés, une « série d’événements tristes et condamnables » qui ont conduit à l’abandon du projet. De plus, Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, a démissionné en raison de son opposition catégorique à cette initiative.
La contestation interne à la FIFA s’accompagne de pressions extérieures, notamment de l’UEFA et de la Concacaf. Cette dernière a critiqué Infantino et a demandé une « mise à plat complète » de sa gouvernance. L’UEFA, qui a menacé de boycotter les Coupes du monde, a exprimé sa perte de confiance envers le président de la FIFA. Dans une lettre adressée à l’organisation, elle a même évoqué la possibilité d’une action en justice.
L’Association des ligues européennes a également pris position, affirmant que « la FIFA ne peut plus être autorisée à continuer à prendre unilatéralement des décisions ». Infantino, actuellement seul candidat à sa réélection prévue pour mars 2027 à Rabat, doit obtenir le soutien d’une majorité des 211 fédérations membres pour un nouveau mandat de quatre ans. Cependant, plusieurs fédérations, dont celles de Finlande, du pays de Galles, de Serbie et de Suède, lui ont déjà retiré leur soutien.
Luis Figo, ancien footballeur portugais et conseiller de l’UEFA, a déclaré que « Infantino doit partir », le qualifiant de « vestige du passé ». Par ailleurs, le prince Ali ben Al Hussein, président de la Fédération jordanienne de football, a accusé Infantino de « chantage », affirmant que la FIFA avait refusé de l’aider avant de lui faire comprendre que son soutien à Infantino pourrait être bénéfique pour sa fédération.
