
Été caniculaire : Gilles Vanden Burre dénonce l’absence de prévisions gouvernementales.
Des paysages dévastés, encore fumants par endroits : tel est le constat amer des Hautes Fagnes en Belgique, ravagées par un incendie dévastateur. En tout, ce sont 3366 hectares qui ont été consumés, une superficie comparable à celle des communes d’Uccle et Forest réunies, ou encore un peu plus de 4600 terrains de football, selon les estimations du Service public de Wallonie.
Gilles Vanden Burre, coprésident d’Ecolo, exprime sa profonde tristesse face à cette catastrophe. Lors d’une interview avec Laurent Mathieu sur La Première, il a déclaré : « Vous savez, pour moi c’est une grande tristesse de voir ce qui s’est passé. Les Fagnes, un écosystème précieux pour la biodiversité, ont subi des pertes considérables, tout comme d’autres régions en Europe. » Il souligne également les répercussions tragiques de la chaleur estivale, évoquant des décès en Belgique et une surmortalité inédite.
Pourtant, Vanden Burre reste optimiste : « Il n’est pas trop tard. » Il insiste sur le fait que les scientifiques avaient averti des dangers liés au changement climatique depuis des décennies. « Ce qui se passe aujourd’hui en Belgique, en Europe et dans le monde, c’était prévu par la science. Ma colère réside dans le fait que ces alertes n’ont pas été prises au sérieux. Des cartes de l’université de Liège et de l’université de Gand avaient identifié les zones vulnérables, y compris celle des Fagnes. D’autres régions méritent également notre attention. »
Il ajoute que les gouvernements n’ont pas mis en œuvre les mesures nécessaires pour prévenir de telles catastrophes. « Il n’est pas trop tard, mais nous avons été prévenus, et honnêtement, les gouvernements n’ont pas agi en conséquence. »
Malgré les enjeux environnementaux croissants, Ecolo peine à convaincre l’électorat. Selon une enquête nationale, le parti écologiste francophone ne recueille que 6 % à 8,5 % des voix, en tenant compte de la marge d’erreur. Vanden Burre reconnaît que le message écologiste, bien que clair depuis des décennies, ne trouve pas toujours écho. « C’est à nous de nous remettre en question. Je n’ai aucun problème avec cela. »
Il plaide pour un changement de paradigme, en appelant à ne plus cibler la responsabilité individuelle, mais à se concentrer sur des transformations systémiques. « Je n’ai jamais voulu faire de la politique en pointant des gens du doigt. Les systèmes économiques, financiers et politiques doivent être réformés. »
Pour illustrer son propos, il évoque la question de la mobilité. « Si vous regardez les prix des billets d’avion entre Bruxelles et Marseille, vous constaterez que les tarifs des compagnies low-cost sont très abordables, tandis que le train coûte beaucoup plus cher. Le problème réside dans la politique de transport. Mon objectif est de changer le système, d’investir dans les transports publics et de développer un réseau de trains à grande vitesse en Europe. »
En ce qui concerne le nucléaire, le gouvernement fédéral doit prochainement décider de la reprise des activités nucléaires d’Engie. Vanden Burre s’interroge sur la gestion de l’argent public dans ce débat : « Engie, une entreprise française, ne voit pas comment rentabiliser son parc nucléaire vieillissant, tandis que l’État belge propose de le racheter pour des milliards d’euros. Ce débat est davantage une question de gestion financière que de savoir si le nucléaire est une solution énergétique à court terme. »
Il précise cependant que cela ne signifie pas qu’Ecolo devienne un parti pro-nucléaire. « Non, pas du tout. Mon objectif reste d’investir pour atteindre 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2030 ou 2050. Nous sommes flexibles quant aux moyens d’y parvenir, mais notre horizon reste clair. »
