Belgique

Enseignement : le décret-programme reporté, les profs ne lâchent pas.

L’ambiance était électrique vendredi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, où plusieurs centaines d’enseignants étaient rassemblés pour dénoncer les économies prévues dans l’enseignement. Le vote final du décret programme ne devrait désormais pas intervenir avant la première semaine de juin, au plus tôt.


L’atmosphère était tendue vendredi, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pendant que les députés examinaient le texte, plusieurs centaines d’enseignants se sont réunis devant le bâtiment pour protester contre les coupes budgétaires dans l’éducation.

Le PS, le PTB et Ecolo ont présenté deux nouveaux amendements en commission du Budget et ont donc sollicité un nouvel avis du Conseil d’Etat. Le vote final concernant le décret programme ne devrait pas intervenir avant la première semaine de juin, au plus tôt.

Le décret programme comprend plusieurs mesures controversées qui suscitent l’opposition des syndicats et d’une partie du personnel enseignant : augmentation de 10 % de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale, réforme du régime des congés maladie des enseignants statutaires, ainsi que le durcissement des conditions de fin de carrière.

Le chef de groupe PS, Martin Casier, espère que ce nouveau délai incitera le gouvernement à rouvrir les discussions avec le secteur. « J’espère qu’avec ce temps, le gouvernement va trouver la voie de la raison. Après, ce sera à lui d’assumer ses responsabilités et ses choix politiques, » a-t-il déclaré.

La députée Ecolo, Bénédicte Linard, juge que la situation dans les écoles est déjà très dégradée. « Le chaos existe déjà et ce qu’il faut maintenant, c’est reprendre les concertations de manière correcte pour construire quelque chose qui tienne la route, » a-t-elle affirmé.

Sur le terrain, la colère demeure vive. Les syndicats continuent d’exiger le retrait des mesures gouvernementales et avertissent que le mécontentement pourrait s’intensifier. Leur préavis de grève a été prolongé jusqu’au 10 juillet prochain. « Un certain nombre d’établissements resteront désorganisés dans les jours qui viennent puisque le choix du gouvernement est de maintenir le chaos… ce sont leurs choix politiques qui entraînent ce vent de colère chez les enseignants, » a expliqué Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC-Enseignement.

Face aux critiques, la ministre présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Élisabeth Degryse, défend l’urgence budgétaire des réformes. « Si nous étions amenés à reporter notre réforme, nous aurions une bonne vingtaine de millions d’euros de charges d’intérêt supplémentaires. » Tout en respectant la mobilisation syndicale, elle considère que le vote du texte est inévitable. « L’opposition est dans son rôle, on est dans le contrôle démocratique. Mais à un moment donné, ce décret sera voté. »

Parmi les enseignants réunis devant le Parlement, nombreux sont ceux qui souhaitent maintenir la pression dans les semaines à venir. Aurélie Praet, enseignante à l’Institut Saint-Boniface Parnasse à Ixelles, résume l’état d’esprit d’une partie du secteur : « Ce report va nous permettre de continuer à nous mobiliser et nous ne comptons pas courber l’échine. »

Ce report du vote crée une forte incertitude dans les écoles à quelques semaines de la fin de l’année scolaire. Les directions et les enseignants attendent toujours des éclaircissements sur l’application concrète de plusieurs mesures prévues dans le décret programme, notamment pour la rentrée suivante. Au vu de l’ampleur de la mobilisation, toute l’organisation de la fin de l’année scolaire pourrait désormais être perturbée, suscitant des interrogations autour des examens, des délibérations et des conseils de classe.