En Wallonie, le MR et les Engagés parlent sans tabou de leurs tabous.
Adrien Dolimont, le ministre-président MR de la Région, a déclaré dans L’Écho ce samedi qu’une réunion s’était tenue avec les présidents des deux partis de la majorité en raison de la dégradation de la note de la Wallonie et de la situation économique. L’opposition de gauche a considéré l’annonce de cet ajustement comme un aveu d’échec et a déposé une proposition de décret pour obliger à évaluer toute décision ayant un impact fiscal.
Sortie du samedi d’Adrien Dolimont sur de nouvelles économies en Wallonie
Adrien Dolimont, le ministre-président MR de la Région, a été le premier à s’exprimer. Dans L’Écho ce samedi, il a révélé qu’une réunion avait eu lieu avec les présidents des deux partis de la majorité. Il a souligné que la situation financière était préoccupante, notamment en raison de la dégradation de la note de la Wallonie et de la conjoncture économique. La trajectoire budgétaire définie dans l’accord de gouvernement ne pourra plus être maintenue. Deux milliards d’euros doivent être trouvés en trois ans… Un constat alarmant qui contraste avec son discours plutôt apaisant au Parlement il y a un mois.
En d’autres termes, cela nécessite un avenant au contrat, des mesures imprévues et la nécessité de toucher à certains tabous, comme l’a indiqué le ministre-président.
Les tabous des autres entre le MR et Les Engagés
Quels sont donc ces tabous ? En politique, les tabous appartiennent souvent à autrui. Dans son interview, Adrien Dolimont souligne que les dépenses et les structures en Wallonie doivent être revues, affirmant que les coûts sont trop élevés.
Du côté du MR, plusieurs pistes évoquées concernent les compétences des Engagés, notamment des économies à réaliser dans le secteur de la santé, à l’AVIQ, dans les titres-services et dans les allocations familiales. La réforme des droits de succession, obtenue par Maxime Prévot, fait également partie des options.
Ce message a été bien reçu par Les Engagés, pour qui les tabous des autres doivent aussi être pris en compte. Yves Coppieters sur notre antenne et François Desquennes dans Le Soir ont mentionné l’importance des recettes, suggérant une évaluation des baisses des droits d’enregistrement immobiliers, un acquis du MR. Parmi les autres sources de revenus potentielles : la vignette automobile, qui pourrait finalement ne pas être neutre, contrairement à ce qui avait été annoncé. En résumé, l’équilibre établi après les élections entre le MR et Les Engagés va devoir être renégocié. Or, depuis les élections, les sondages montrent un rapprochement entre les deux partis. La complémentarité semble évoluer vers une concurrence.
Pour l’opposition, un aveu d’échec sur l’accord budgétaire
Concernant l’opposition de gauche, l’annonce de cet ajustement est perçue comme un aveu d’échec. L’opposition cherche à renverser l’idée d’une gestion rigoureuse que l’on attribue à Adrien Dolimont. Le PS, en tête de cette démarche, va déposer un décret pour obliger une évaluation de toute décision ayant un impact fiscal. Le PTB et Ecolo ont indiqué qu’ils soutiendront cette initiative. Leur objectif est de démontrer que la situation budgétaire actuelle est davantage liée aux choix du gouvernement qu’à la conjoncture. De plus, l’opposition qualifie ces choix de « politiques« , voire « idéologiques« , et parfois même « dogmatiques« . Comme les tabous, ces notions sont toujours perçues comme les problèmes des autres.
Il est à noter que la législature wallonne vient d’entrer dans une phase sérieuse et pourrait marquer un tournant important. Une nouvelle période débute, promettant d’être tumultueuse.

