Belgique

En France, un feu convectif de cette ampleur, qu’est-ce que c’est ?

L’incendie qui ravage la Gironde marquera les esprits. D’abord parce qu’il s’agit d’un feu « XXL », comme l’a décrit la Préfète Sophie Brocas. Une centaine de bâtiments et 22 hectares de végétation ont été détruits, des chiffres qui continuent d’évoluer à la hausse. Deux pompiers ont perdu la vie, piégés par les flammes, et 167.000 personnes ont été évacuées.

Ce feu échappe également au contrôle, devenant par phases « convectif ». On qualifie un incendie de « convectif » lorsque sa propagation s’effectue principalement par « convection », ce qui le rend particulièrement dangereux et imprévisible.

La convection est l’un des modes de propagation des incendies. Au-dessus des flammes se forme une colonne d’air chaud, de gaz et de fumée. L’air chaud, étant plus léger, s’élève, tandis que l’air plus frais descend au niveau du sol, près des flammes.

Un feu qui « s’autoalimente »

La convection est un processus habituel de propagation du feu. Cependant, cette colonne d’air peut devenir si chaude, comme c’est le cas en Gironde, qu’elle génère ses propres courants d’air : de véritables vents, un effet « météo » induit par le brasier. Ces vents s’ajoutent aux vents naturels soufflant actuellement à une vitesse de 30 à 50 km/h. L’addition de ces vents attise le feu de manière rapide et imprévisible, pouvant entraîner un changement brutal de direction.

Il s’agit d’un cercle vicieux, car la chaleur intense du feu engendre ce phénomène qui, à son tour, alimente encore le feu. On parle alors d’un feu qui s' »autoalimente ».

Le Directeur du service incendie (SDIS) de Gironde, Marc Vermeulen, a évoqué ce brasier aux phases « convectives » qui le rendent très difficilement contrôlable. « Les indicateurs nous ont montré que le feu pouvait devenir convectif. Vous savez que le feu normalement peut être guidé par le vent ou par le relief, mais lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies, il peut, comme cette fois-ci, générer son propre vent et cela donne des feux qui sont beaucoup plus erratiques. »

Des débris incandescents qui peuvent propager de nouveaux foyers

Cependant, un autre danger se cache derrière ce type de feux. L’air chaud et les vents soulèvent et projettent des étincelles, des débris, des braises à distance de l’incendie. Ces particules incandescentes peuvent initier de nouveaux foyers, éloignés du premier.

En Gironde, les conditions sont réunies pour qu’une simple étincelle embrase rapidement la végétation. La zone boisée, composée de pins et de buissons, a été favorisée par un printemps clément : la biomasse y est abondante. De plus, elle a été asséchée par un été chaud et sec, exacerbée par le réchauffement climatique. Cela crée une grande quantité de combustible, hautement inflammable, propice à un feu « convectif ».

Face à ce feu devenu erratique, les pompiers peuvent également se retrouver confrontés à de nouveaux foyers, enflammés à distance, et se trouver piégés.