Emir Kir remet en question les chiffres liés à la tutelle coercitive à Saint-Josse.
La commune de Saint-Josse présenterait un déficit cumulé de 30 millions d’euros en 2025 sur un budget annuel de 120 millions d’euros. Emir Kir a affirmé qu’en 24 ans, la commune n’a pas demandé un euro à la Région en termes de solidarité.
La plus petite des 19 communes bruxelloises risque d’être placée sous tutelle coercitive, une première depuis 1976. Cette décision pourrait être motivée par la situation financière préoccupante de Saint-Josse.
Selon un rapport de l’administration « Bruxelles Pouvoirs locaux », la commune afficherait un déficit cumulé de 30 millions d’euros d’ici 2025 sur un budget annuel de 120 millions d’euros. « La situation a changé. Nous avons voté récemment les comptes de 2024. Au lieu d’avoir 14 millions de déficit, nous sommes à 11 millions. La semaine dernière, j’étais avec mon receveur : les informations reçues indiquent qu’au lieu d’un déficit de 16 millions d’euros pour 2025, nous devrions nous situer à 5,35 millions. En tout, cela s’éloigne des 30 millions d’euros. Cela devrait se situer autour de 17 ou 18 millions d’euros », a déclaré Emir Kir lors d’une interview avec BX1.
En janvier, la commune a soumis un rapport détaillé à l’administration régionale, mais selon le bourgmestre, elle n’a toujours pas reçu d’accusé de réception. Il souligne également qu’aucune aide de la Région n’a été sollicitée au cours des 24 dernières années : « En 24 ans, nous n’avons pas demandé un euro à la Région en termes de solidarité ».
Emir Kir demande que le secrétaire et le receveur de la commune soient entendus. Il a été reçu en urgence mercredi par le ministre-président, Boris Dilliès. « Le MR a été attentif à nos demandes », a-t-il ajouté sans donner plus de détails.
Concernant l’absence de communication, Emir Kir a exprimé ses préoccupations. Depuis qu’Ahmed Laaouej (PS) a pris en charge la compétence des pouvoirs locaux après la formation du nouveau gouvernement régional, il a rappelé que ce dernier avait initié l’exclusion de M. Kir du Parti socialiste en 2020. « Je pense que la communication n’existe pratiquement pas. Regardez comment il gère la commune et son bourgmestre. Il veut accéder au gouvernement sans répondre au courrier que nous lui avons envoyé en janvier. La démocratie doit d’abord être locale, on ne peut pas ignorer la population de Saint-Josse et ses élus », a-t-il averti.

