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Échos de Cannes : « Nous ne sommes pas dans une bonne situation », les Américains choqués par Donald Trump.

James Gray a expliqué que, dans les années 80, « l’économie de marché n’a pas été questionnée » et que cela avait « des conséquences dévastatrices. » Sebastian Stan a déclaré : « Je pense que nous sommes dans une très, très mauvaise situation » en évoquant la consolidation des médias et la censure.

Des propositions indépendantes, donc audacieuses ?

Des propositions nécessaires : James Gray, habitué de Cannes, n’a jamais remporté de prix. Des rumeurs affirment qu’il ne souhaitait pas se rendre au festival, mais le délégué général a réussi à le convaincre à la dernière minute.

Dans « Paper Tiger », le réalisateur évoque ses thèmes de prédilection : la famille, la loyauté et les compromis avec la mafia. C’est un contraste marqué avec « Ad Astra », cette fable spatiale mettant en scène Brad Pitt en 2019, qui l’avait clairement sorti de sa zone de confort.

Il effectue donc un retour dans le New York des années 80. À notre collègue Cathy Immelen, il a expliqué pourquoi cette décennie est si importante pour lui.

James Gray : « Dans ces années-là, l’économie de marché n’a pas été questionnée et le fait que ça a été la seule chose qui compte a eu des conséquences dévastatrices. Que se passe-t-il ? On obtient quelqu’un, comme l’actuel président américain, qui est le symptôme de ce dont je parle : la transaction. Si tu dis aux jeunes que ça n’a pas d’importance d’être une bonne personne ou non, que la seule chose qui compte c’est de gagner beaucoup d’argent, que leur arrive-t-il ? Ça les laisse à la dérive. Pourquoi je ne suis pas récompensé pour le fait d’être bon ? C’est exactement pour ça que j’ai situé le film à cette période.« 

Le réalisateur américain James Gray lors de la conférence de presse pour le film « Paper Tiger », le 17 mai 2026. © – Ian Langsdon / AFP

De lourdes charges contre Donald Trump

Le réalisateur a critiqué l’administration Trump, un fait plutôt rare durant cette édition, comme si le cinéma indépendant américain avait été anesthésié par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Pourtant, il y a seulement deux ans, Cannes avait mis en avant un biopic sur Donald Trump. L’excellent « The Apprentice » démontrait comment l’ancien président avait appris ses techniques de prédation, dont parlait James Gray plus tôt. L’acteur Sebastian Stan, qui incarnait Trump, était présent à Cannes cette année pour un autre film, où il a affiché un profond désabusement.

Sebastian Stan : « Je pense que nous sommes dans une très, très mauvaise situation. Quand on regarde ce qui se passe, la consolidation des médias, la censure, les menaces, les supposés procès qui semblent ne jamais finir mais qui n’aboutissent jamais vraiment nulle part. Nous avons vécu tout ça avec le film à l’époque, au point de ne pas savoir trois jours avant le festival si le film allait pouvoir être projeté. Evidemment, j’aimerais qu’il en soit autrement…« 

L’acteur roumano-américain Sebastian Stan lors de la conférence de presse du film « Fjord », le 19 mai 2026. © – Julie Sebadelha / AFP

Rami Malek de retour

Outre le film de James Gray, une autre production américaine est en compétition cette année : « The Man I Love », réalisé par Ira Sachs. Ce film indépendant éclaire l’épidémie de sida à New York dans les années 80 et suit le parcours d’un artiste queer, incarné par Rami Malek, connu pour son rôle de Freddie Mercury dans « Bohemian Rhapsody ». Malgré un sentiment de déjà-vu dans la mise en scène, Ira Sachs réussit à capter segment par segment une part de la colère et de la résistance d’une communauté qui n’a jamais cessé de revendiquer son droit à la vie.

Et 40 ans plus tard, cette colère résonne encore. Les politiques anti-LGBT de l’administration Trump rappellent que les luttes d’hier sont toujours d’actualité. C’est cela aussi Cannes !

Le réalisateur américain Ira Sachs (gauche) et l’acteur américain Rami Malek, lors de la conférence de presse du film « The Man I Love », le 21 mai 2026. © – Ian Langsdon / AFP