Belgique

Dossiers éthiques : le gouvernement De Wever choisit de ne pas agir

L’opposition au parlement propose d’avancer avec ses propres textes en reprenant le délai de 18 semaines pour une interruption volontaire de grossesse. Bart De Wever s’engage à « envoyer au plus tard le 1er décembre un ensemble de textes en première lecture », qui inclura l’avortement et d’autres sujets éthiques.

Un gouvernement de plus en plus tendu

Une vieille stratégie pour éviter des tensions douloureuses. Les alertes se multiplient. Au parlement, l’opposition se propose d’avancer avec ses propres textes. Ces textes reprennent le délai de 18 semaines pour une interruption volontaire de grossesse, proposé par le groupe d’experts consulté par le parlement il y a plus de trois ans. Vooruit, unique parti de centre-gauche au sein de la majorité, manifeste son agacement. Il pourrait être tenté de voter avec l’opposition pour contourner l’obstacle du CD&V. Ce dernier, faisant de cette question un enjeu de gouvernement, propose d’allonger le délai à 14 semaines, soit deux de plus qu’actuellement, mais quatre de moins que ce qu’ont recommandé les experts. Cette tentative de compromis ne satisfait ni l’opposition ni Vooruit.

Déminage des dossiers éthiques par Bart De Wever

Bart De Wever doit donc gérer le dossier avant que les débats commencent au parlement. Comme il n’y a aucune avancée réelle dans les positions, la décision est de mettre le dossier « au frigo ». Ce qui est certain lorsqu’un dossier est mis « au frigo », c’est qu’au moins une décision est prise. En l’occurrence, l’engagement a été fait « d’envoyer au plus tard le 1er décembre un ensemble de textes en première lecture« . Cela inclura l’avortement, mais aussi l’accouchement discret, l’euthanasie pour les personnes démentes et les mères porteuses. Ces points figurent déjà dans l’accord de gouvernement, mais nécessitent un nouvel accord global.

Il convient de noter une avancée dans le dossier le moins sensible : la possibilité de lever l’anonymat des donneurs de sperme.

Grand marchandage du CD&V

Avec des dossiers qualifiés d’éthiques, cette consolidation des sujets est clairement problématique. Va-t-on céder deux semaines de délai pour les femmes souhaitant avorter contre les droits parentaux après une gestation pour autrui ? Va-t-on échanger la vérification du consentement à l’euthanasie d’une personne démente contre deux jours de réflexion avant un avortement ? Le cynisme atteindrait alors des sommets, pour tous les partis, mais surtout pour le CD&V, qui serait perçu comme un négociant dans des questions éthiques. Le parti de Sammy Mahdi, qui défend une position de principe — le respect de la vie — a du mal à imaginer une telle négociation.

Le budget avant tout pour l’Arizona

Bart De Wever ne souhaite pas perdre le CD&V avant d’avoir trouvé une solution budgétaire. En effet, il faut trouver 7 milliards d’euros d’ici octobre. La mise au frigo est donc stratégique : écarter la pression de ce dossier pour maintenir un minimum de cohésion afin de réussir l’essentiel — maîtriser le dérèglement budgétaire. Ce n’est qu’après cela que les dossiers éthiques seront rouverts. Si le gouvernement De Wever a survécu à cette épreuve.