Cuba : menaces d’armes et protestations avec des casseroles
Des habitants de La Havane manifestent dans la rue, demandant le retour du courant en raison des coupures de courant qui peuvent durer entre quatre et quinze heures par jour. Le ministre cubain de l’Énergie, Vicente de la O Levy, a déclaré à la télévision que « nous n’avons absolument aucun fioul, aucun diesel, nous n’avons absolument plus de diesel. »
Leurs silhouettes apparaissent autour d’un feu allumé dans la rue. Des habitants de La Havane sont sortis pour exprimer leur ras-le-bol face aux coupures de courant. Dans certaines zones privilégiées, l’électricité est interrompue entre quatre et douze heures par jour, tandis que dans le centre de l’île, ces coupures peuvent durer plus de 15 heures. La situation se complique avec l’été qui approche, intensifiant le besoin de climatisation.
Armés d’une casserole et d’un bâton, ils font du bruit dans l’obscurité pour revendiquer un retour de l’électricité. Cependant, les autorités semblent totalement démunies face à leur demande. Le ministre cubain de l’Énergie, Vicente de la O Levy, s’est exprimé hier à la télévision, confirmant les craintes généralisées : « Nous n’avons absolument aucun fioul, aucun diesel, nous n’avons absolument plus de diesel. Je suis répétitif. La seule chose que nous ayons, c’est le gaz qui vient de nos puits. »
L’île est soumise à un blocus américain strict. Les pétroliers évitent les côtes cubaines. Le Venezuela et le Mexique étaient encore des fournisseurs jusqu’à fin 2025, mais l’intervention militaire américaine et le renversement du président vénézuélien ont mis fin à ces soutiens. Dénoncé par l’ONU comme « illégal », le blocus américain a provoqué une grave pénurie d’énergie à Cuba, entraînant des coupures de courant fréquentes et l’arrêt de l’économie.
La visite du directeur de la CIA revêt une importance particulière et discrète. La dernière remonte aux années 1950, précédant la révolution menée par Fidel Castro. Plus de 75 ans se sont écoulés depuis. Le retour du chef de l’agence ne passe donc pas inaperçu. Selon le représentant de la CIA, le directeur John Ratcliffe a transmis un message de Donald Trump aux autorités cubaines : « Les États-Unis seraient prêts à dialoguer sérieusement sur des questions économiques et sécuritaires, mais seulement si Cuba effectue des changements fondamentaux. »
Quels changements sont envisagés ? La CIA n’a pas donné de précisions. Toutefois, il est de notoriété publique que Donald Trump souhaite mettre fin à l’influence des Castro. Raúl Castro, frère de Fidel Castro, conserve une certaine influence au sein du pouvoir. Washington aspire à réorienter Cuba vers le capitalisme, tout en s’inscrivant dans la continuité des positions actuelles de la Maison Blanche.
Des médias américains rapportent cette semaine la possibilité d’une inculpation contre l’ancien dirigeant Fidel Castro. Cette affaire remonte à 1996, lorsqu’un incident a vu deux avions civils, pilotés par des opposants à Fidel Castro, être abattus. Le département américain de la Justice n’a pas commenté les demandes d’informations, mais cela constitue une pression supplémentaire sur Cuba.
« Il n’y a plus de bus, plus de transports, plus de travail ! » Dans une ruelle de La Havane, des enfants suivent un cours de danse sur le trottoir, encadrés par Juan Miguel Mas, ancien professeur de danse au théâtre national de Cuba. Licencié pour des raisons financières, il constate que les spectacles sont annulés en raison des coupures d’électricité, et que le public ne se déplace plus. « Il n’y a plus d’argent, plus de bus, plus de transport. Donc j’ai dû mettre tout ça de côté. J’ai trouvé une autre manière de gagner ma vie. Je loue mon garage à un petit commerce et je suis le vendeur le week-end. »
Le scénario vénézuélien ?

