
Comment la Russie recrute des agents jetables pour sa guerre hybride en Europe
Entre mai et septembre 2024, plusieurs pays européens ont été touchés par une série d’opérations de sabotage attribuées par les autorités à un réseau lié aux services russes. L’enquête montre surtout comment des recrues étrangères, souvent peu expérimentées, ont été utilisées pour des missions de repérage, d’incendie ou de vandalisme, avec des effets limités sur le plan matériel mais un impact politique et sécuritaire plus large.
Des sabotages dispersés dans plusieurs pays
Les faits recensés concernent la Tchéquie, la Pologne, la Lituanie et la Roumanie. Dans les trois premiers pays, des incendies criminels ont visé des dépôts de transports publics, des magasins de matériaux de construction, des entreprises liées à la diffusion ou encore une société travaillant pour l’Ukraine. En Roumanie, des attaques ont été stoppées avant leur exécution, selon les autorités.
Les enquêteurs cités dans la source estiment que ces actions s’inscrivent dans une stratégie de guerre hybride visant à créer de la peur, à perturber l’aide à l’Ukraine et à donner l’impression que la Russie peut frapper loin de ses frontières. Une chercheuse spécialisée dans la guerre russe explique que l’objectif ne se limite pas aux dégâts matériels : il s’agit aussi d’alimenter le doute sur la capacité des États à protéger leur population.
Un recruteur central, identifié par plusieurs enquêtes
Les documents judiciaires et les recoupements journalistiques désignent un homme connu sous les pseudonymes « Dios » et « Adrian » comme le coordinateur de plusieurs opérations. Son identité civile serait Oemis Romagoza Durruthy, un Cubain devenu aussi citoyen russe, installé dans le nord-ouest de la Russie et présenté comme professeur de salsa. Les autorités lituaniennes ne le décrivent pas comme le commanditaire ultime, mais comme un relais lié à l’état-major russe et au GRU, le renseignement militaire.
Selon la source, il recrutait via les réseaux sociaux et des messageries, puis organisait les trajets, les hôtels et les consignes. Les personnes mobilisées venaient notamment de Colombie, de Cuba, d’Espagne, de Biélorussie et de Russie. Plusieurs d’entre elles auraient d’abord cru à des missions banales, comme prendre des photos, avant de recevoir des tâches plus risquées, parfois contre rémunération ou sous pression.
Des exécutants vulnérables et des procédures encore en cours
Le profil de certains recrutés éclaire la méthode. Un ancien militaire colombien, endetté, a été approché alors qu’il cherchait du travail en lien avec l’Ukraine. D’autres ont été envoyés en Europe avec billets, réservations et transferts organisés par le recruteur. Dans plusieurs cas, les projets ont échoué grâce à des arrestations ou à l’intervention de la police avant le passage à l’acte.
La source souligne toutefois que les conséquences judiciaires restent ouvertes. En Lituanie, sept personnes sont jugées pour sabotage au profit de services étrangers. D’autres suspects ont été arrêtés en Roumanie, en Tchéquie, à Riga ou au Panama. Les autorités européennes continuent donc de reconstituer un réseau transnational où les rôles, les nationalités et les lieux de résidence sont éclatés, ce qui complique l’enquête.
Ce qu’il faut retenir
- Entre mai et septembre 2024, des sabotages et tentatives de sabotage ont touché la Tchéquie, la Pologne, la Lituanie et la Roumanie.
- Les autorités et l’enquête journalistique attribuent le recrutement et la coordination à un homme surnommé « Dios », présenté comme lié au GRU russe.
- Plusieurs exécutants ont été arrêtés, mais les procédures judiciaires se poursuivent dans plusieurs pays européens.
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Cette synthèse a été produite automatiquement à partir de la source citée.
