Colère des enseignants : Roland Lahaye (CSC) dénonce Glatigny et son école « d’il y a deux siècles »
Les syndicats continuent leurs actions de contestation, avec des examens potentiellement sacrifiés, alors que le préavis de grève a été prolongé « parce que le vote du décret a été postposé ». Valérie Glatigny, ministre de l’Éducation, est critiquée pour son manque de concertation, selon Roland Lahaye, qui déclare que « personne n’est forcé à faire grève » mais « la plupart des écoles débrayent ».
Les syndicats sont déterminés. « À l’unanimité, le mouvement se poursuit », déclare le responsable de l’enseignement du syndicat chrétien sur notre antenne. Qu’il s’agisse de grèves, d’arrêts de travail, de manifestations ou d’autres formes de contestation, les actions se poursuivent et sont déjà programmées au sein du corps enseignant, toutes soutenues par les organisations syndicales.
### Des examens sacrifiés ?
« Le ras-le-bol est général », crie Roland Lahaye. « Si on laisse les choses aller sans rien faire, on va tout droit à la catastrophe. » Le préavis de grève, qui était initialement prévu jusqu’à demain, a été prolongé « parce que le vote du décret a été postposé ». Cette situation pourrait compromettre la fin de l’année scolaire pour les élèves et sacrifier des cours ainsi que d’autres sessions d’examens ? Le syndicaliste nuance : « la fin de l’année ne représente pas grand-chose par rapport au fracas annoncé par l’adoption de ces différents décrets par la majorité MR-Engagés ». Mais cela ne revient-il pas à sacrifier des élèves sur l’autel de la grogne ? Selon lui, c’est le monde politique qui endosse le rôle du bourreau : « C’est le gouvernement qui nous impose de sacrifier la section d’examens. C’est un choix du gouvernement. » Roland Lahaye souligne toutefois que personne n’est contraint à faire grève, mais il constate que depuis le lancement de ce mot d’ordre, la plupart des écoles débrayent. « Et pas que les écoles : les directions de l’enseignement libre seront aujourd’hui 250 devant le siège des Engagés. Cela signifie qu’il y a le feu dans la maison, sinon nous n’aurions pas une levée de boucliers si unanime parmi tous ceux qui exercent l’enseignement. »
Il y a le feu dans la maison.
Roland Lahaye tient néanmoins à rassurer : même si certains examens devaient être annulés, l’évaluation dans les nombreuses salles de classe du secondaire est continue tout au long de l’année et les conseils de classe agiront en conséquence.
### À revoir aussi (reportage JT du 22 mai)
**Grogne des enseignants / Nouveau report pour le vote des économies.**
Les enseignants se demandent pourquoi cette montée de tension intervient seulement maintenant, alors que les mesures sont sur la table depuis des mois. Pour Roland Lahaye, le monde enseignant a d’abord « cru » en cette négociation pour le bien de l’enseignement. « Les enseignants n’ont pas voulu désorganiser les écoles en pensant que tout irait bien, que les politiques allaient comprendre… Il faut faire des économies, ce n’est pas le problème, mais les choix que les politiques sont en train de poser ne sont pas porteurs de sens pour nous. Ils doivent le comprendre. »
### Un ministère figé
Au ministère concerné, ferme dans ses positions, il n’est pas question de remettre en cause une réforme jugée essentielle sur le plan budgétaire. Côté syndical, le message est clair : seule l’annulation de toutes les décisions pourra apaiser la situation. L’intervenant critique vivement la méthode de la ministre libérale Valérie Glatigny : « Quoi qu’elle en dise, la ministre Glatigny ne concerte pas. Dans les séances de négociation — qu’elle ne peut pas éviter car imposées par décret —, on nous fournit des informations… Lorsque l’on pose des questions, on nous répond qu’on va chercher les réponses. Mais comme sœur Anne, j’attends et je ne vois rien venir. Ce n’est pas une véritable concertation. Elle joue sur les mots en disant ‘je réunis les gens’, mais ça ne change rien, ça ne bouge pas d’un iota ! »
### « Révolution des craies »
Et pourquoi cette poussée de fièvre maintenant ? Les mesures sont en effet connues depuis longtemps. Pour Roland Lahaye, le monde de l’enseignement avait initialement cru à cette négociation pour le bien de l’enseignement. « Les enseignants ont pensé qu’en évitant la désorganisation des écoles, cela irait, que les politiques allaient comprendre. »
Il continue : « Le Pacte était perfectible. Il y avait des choses à améliorer. Nous étions prêts à le faire. Mais depuis avril 2025, plus aucune réunion n’a réuni l’ensemble des acteurs. »
Les semaines à venir pourraient donc être turbulentes dans de nombreux établissements scolaires, avec des répercussions prévues pour la rentrée prochaine. Cependant, selon notre invité, le jeu en vaut la chandelle, car pour lui, l’avenir de l’école en dépend et les élèves ainsi que les parents semblent suivre le mouvement pour un meilleur enseignement.

