
Climatisation des maisons de repos : sans soutien public, hausse des tarifs possible
Les épisodes de chaleur extrême observés cet été ont suscité des préoccupations au sein des maisons de repos. Pour Femarbel, qui représente les maisons de repos privées francophones, ainsi que pour son équivalent flamand, la problématique va bien au-delà de la simple question de la climatisation. Elle soulève celle de l’adaptation globale du secteur face au changement climatique : « Les vagues de chaleur que nous avons connues ces derniers jours, et déjà au mois de juin, montrent qu’on a un problème qui est en réalité un problème de société. Il y a une charge réglementaire qui est toujours plus importante, qui nécessite toujours plus de dépenses, et qui est aujourd’hui à charge des établissements. À un moment donné, cela met en danger les marges », explique Thierry Gilson.
La réglementation impose aux maisons de repos de prévoir des espaces climatisés capables d’accueillir les résidents lorsque les températures deviennent trop élevées. Cependant, pour le secteur, aller plus loin nécessiterait des investissements considérables. Thierry Gilson précise que l’objectif n’est pas de climatiser systématiquement chaque chambre : « Climatiser l’ensemble des chambres, ce ne sera jamais possible. Et je ne pense pas que ce soit souhaitable compte tenu du profil des résidents. Il faut avoir une réflexion globale sur l’infrastructure des établissements : leur modernisation, l’amélioration du confort thermique et le développement d’espaces adaptés lors des périodes de fortes chaleurs. »
Pour les maisons de repos, la question est avant tout financière. Si les dépenses augmentent sans nouvelles recettes, il faudra bien trouver une solution : « L’équilibre budgétaire, il est simple et compliqué en même temps. Si vous avez plus de dépenses et moins de recettes, il y a un problème. À un moment donné, soit on réduit les dépenses, soit on augmente les recettes. Soit cela passe malheureusement par une répercussion sur le résident, avec la problématique des pensions qu’on connaît. Soit c’est au politique de prendre ses responsabilités et de consacrer les moyens nécessaires à cette problématique », précise-t-il.
De son côté, le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters (Les Engagés), travaille sur une réforme plus large de la prise en charge de la perte d’autonomie. L’objectif est de permettre aux personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible grâce à un renforcement des services d’aide à domicile. Un rapport d’experts commandé par le ministre estime que cette approche coûterait moins cher que la création de nouvelles places en maison de repos. Le projet de « garantie autonomie », dont les modalités de financement doivent encore être précisées, vise ainsi à anticiper le vieillissement de la population et à réduire la pression sur les établissements.
Cependant, selon Femarbel, les établissements ont aussi un effet protecteur : « Imaginez une personne isolée qui est seule chez elle, qui fait un malaise, sans contact social ou familial. Elle peut rester sans prise en charge. En maison de repos, vous avez du personnel soignant qualifié, des aides-soignants, des infirmières qui viennent régulièrement hydrater les résidents et vérifier leur état. Au moindre problème, on peut réagir rapidement », explique Thierry Gilson.
