Belgique

Cinquième nuit de lutte : la Gironde redoute la nouvelle vague de chaleur

Emmanuel Macron présidera à 10H00 une « cellule interministérielle de crise » au ministère de l’Intérieur dédiée aux incendies, avant de tenir d’autres réunions concernant les secteurs économiques affectés.

Météo-France annonce une probable vague de chaleur dans le Sud-Ouest à partir de mardi, avec des températures atteignant jusqu’à 40°C et des vents moins forts mais plus secs.

En Gironde, les incendies ont détruit 42.000 hectares depuis mercredi, un chiffre stable par rapport au dernier bilan, mais le feu « poursuit sa progression », selon le dernier point de la préfecture à 22H dimanche.

À Saint-Jean-d’Illac, situé à 18 km du centre de Bordeaux, Georges Clivaz, tuyau d’arrosage à la main, aspergeait la route près de sa propriété : « On fait ça pour ralentir l’avancée du feu, on veut sauver nos maisons », a-t-il déclaré à l’AFP dimanche.

Les flammes n’étaient plus qu’à quelques kilomètres de son village, évacué vendredi, tout comme 220.000 personnes en Gironde, une opération d’une ampleur rare.

Un centre d’accueil temporaire de 150 places a été ouvert dimanche à Aussonne, près de Toulouse, pour accueillir les personnes sinistrées, « notamment les plus vulnérables », a annoncé le Préfet d’Occitanie et de la Haute-Garonne.

Au total, 115.000 hectares ont été ravagés par les incendies en France depuis le début de l’année, une situation « exceptionnelle », a déclaré dimanche le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur France 2.

Le feu n’étant pas maîtrisé, aucun retour des évacués n’est envisageable à ce stade, a averti la préfète Sophie Brocas lors d’une conférence de presse dimanche, incitant les touristes « à ne pas rejoindre la Gironde ».

Les activités des colonies de vacances sont également suspendues dans ce département touristique, a annoncé tôt lundi la préfète, qui a également interdit par décret les « séjours de vacances adaptées organisés pour les personnes en situation de handicap ».

L’évacuation de Bordeaux « n’est pas à l’ordre du jour », a réaffirmé dimanche à la mi-journée son maire Thomas Cazenave, mais le seuil d’alerte aux particules fines a été dépassé, tout comme dans trois autres départements voisins.

« On a les fumées, mais c’est tout », a déclaré Carole Chalel à l’AFP, après avoir été évacuée de Marcheprime, ajoutant que Bordeaux est « un refuge ».

Cette commune est située à proximité de l’A63, qui relie Bordeaux à l’Espagne, fermée sur 60 kilomètres, ainsi que des voies ferrées desservant le sud de la ville, où le trafic SNCF est interrompu. Dans l’après-midi, les flammes ont traversé les voies, selon la préfète.

Au total, 240 habitations ont été détruites en Gironde, selon la préfecture. Bien qu’aucune victime civile ne soit à déplorer, 84 sapeurs-pompiers ont été blessés, dont dix ont dû être évacués.

Des centaines de personnes ont été évacuées en urgence de plusieurs établissements médico-sociaux.

Une « vague de solidarité », saluée par la préfète, a permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises, ainsi que des agriculteurs et des particuliers bénévoles pour prêter main-forte sur le terrain.

Dans les Landes, l’incendie de Biscarrosse était dimanche « mieux contenu mais pas fixé », après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments. Environ 8.000 personnes évacuées sur 30.000 ont été autorisées à rentrer chez elles, a indiqué le préfet des Landes Gilles Clavreul.

Dans le Var, où 2.000 personnes ont été évacuées, l’incendie est « contenu » malgré des reprises attisées par le mistral, après avoir parcouru 4.500 hectares, selon les pompiers. D’autres feux sont en cours en Corse et dans les Hautes-Alpes.

Les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse aggravée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.