Belgique

Cécile Neven annonce « une vingtaine de mesures concrètes » pour la Wallonie d’ici fin d’année face aux incendies et canicules.

L’incendie dévastateur ayant détruit environ 3000 hectares dans les Fagnes met en lumière les défis environnementaux auxquels la Wallonie doit faire face. Cécile Neven, ministre en charge, souligne que la réponse à ces catastrophes ne doit pas se limiter à des mesures réactives, mais nécessite une révision profonde de l’aménagement du territoire.

La Wallonie a déjà établi un diagnostic détaillé des vulnérabilités de son territoire. Pendant deux ans, une équipe de 40 chercheurs a élaboré plus de 700 cartes, mettant en évidence divers risques tels que la sécheresse, les inondations et les incendies. Parmi ces cartes, une en particulier identifie les zones les plus exposées aux incendies, confirmant que les Fagnes sont effectivement une région à risque. Neven précise : « Il y a 700 cartes différentes parce qu’il y a plusieurs scénarios. Donc ce sont des cartes de probabilité avec des scénarios à plus 2 degrés, plus 3 degrés, plus 4 degrés. »

Ces outils cartographiques doivent désormais guider les décisions publiques, non seulement au niveau wallon, mais également à tous les échelons de pouvoir. Neven insiste sur la nécessité pour chaque responsable politique, qu’il soit communal, provincial ou régional, de se saisir de ces cartes pour agir dans son domaine de compétence. Elle reconnaît que la complexité du système institutionnel belge, souvent qualifié de « lasagne », complique cette répartition des responsabilités, mais elle refuse d’accepter cela comme une excuse pour ne pas agir sur le climat.

La ministre est déterminée à éviter un simple catalogue de bonnes intentions. Elle annonce qu’avant la fin de l’année, un ensemble restreint d’environ vingt mesures concrètes sera présenté, visant à transformer les diagnostics en actions tangibles. Ces mesures porteront sur l’aménagement du territoire, la protection des sols et de l’eau, ainsi que sur les méthodes de construction. Neven souligne l’importance de prendre en compte des éléments techniques, tels que l’orientation des bâtiments et les débordements de toiture, qui, bien que paraissant anecdotiques, sont cruciaux face aux nouvelles réalités climatiques.

L’adaptation au changement climatique pourrait nécessiter des modifications des réglementations existantes pour accroître la résilience du territoire. Neven affirme : « Il va falloir modifier les textes de loi pour apporter cette souplesse et se rendre beaucoup plus résilients. »

Cette initiative arrive à un moment où la ministre est questionnée sur l’anticipation des conséquences du changement climatique en Wallonie. Après plusieurs vagues de chaleur et des incendies cet été, des critiques ont émergé concernant le manque d’actions préventives. Neven admet que cette perception est compréhensible, mais défend le travail engagé depuis son arrivée au gouvernement, affirmant : « Personnellement, je considère que mon job, ce n’est pas de faire des effets d’annonce, et surtout à l’occasion de crises comme celle-ci. C’est de travailler sur des mesures de fond. »

Pour elle, la lutte contre le changement climatique doit se dérouler sur deux fronts : la réduction des émissions de CO2 et l’adaptation du territoire. Elle évoque des stratégies telles qu’un mix énergétique décarboné, la rénovation des bâtiments et des politiques de mobilité, tout en insistant sur le fait que l’adaptation doit se refléter dans les politiques d’aménagement et de construction.

Neven insiste également sur l’importance de l’adhésion du public et des entreprises aux mesures climatiques. Une transition jugée trop coûteuse ou difficile pourrait entraîner un rejet des initiatives. Elle met en garde contre les conséquences d’une telle réaction, citant le mouvement des Gilets jaunes comme exemple d’un mécontentement qui pourrait freiner les progrès.

Enfin, elle reconnaît que le temps politique et le temps climatique ne s’alignent pas toujours, mais elle reste déterminée à prendre des décisions qui prépareront l’avenir. « C’est notre rôle de prévoir l’avenir, c’est notre rôle d’anticiper », conclut-elle. Le prochain rendez-vous politique est fixé à la fin de l’année, où elle promet de dévoiler les mesures concrètes qui détermineront comment la Wallonie s’adaptera aux défis d’un climat en mutation.