Belgique

Bronchiolite : recul de 39% des hospitalisations liées au VRS chez les moins de cinq ans

Une étude récente menée par des chercheurs belges révèle des résultats prometteurs concernant la lutte contre les infections liées au virus respiratoire syncytial (VRS) chez les jeunes enfants. Comparant la saison 2024-2025 à l’année précédente, cette recherche met en lumière l’impact significatif de l’administration d’un anticorps monoclonal, Beyfortus, aux nourrissons. Les données montrent une réduction de 39% des hospitalisations chez les enfants de moins de cinq ans, tandis que les admissions en soins intensifs pédiatriques ont chuté de 57%.

Cette baisse est particulièrement marquée chez les nourrissons de moins de six mois, avec une diminution de 66% des hospitalisations attribuées à cette nouvelle immunisation. Les enfants qui nécessitaient encore une hospitalisation étaient généralement moins gravement malades. Le Dr Marc Raes, pédiatre à Hasselt, souligne que « grâce à l’injection de l’anticorps monoclonal, les petits patients ont moins souvent besoin d’être hospitalisés et de recevoir une assistance respiratoire ou nutritionnelle. Cela réduit aussi l’inquiétude des familles et la pression sur les hôpitaux pendant les mois d’hiver les plus chargés. »

Le VRS, qui touche presque tous les enfants avant l’âge de deux ans, peut entraîner des bronchiolites et des complications respiratoires nécessitant une hospitalisation. Avant l’instauration de mesures préventives, la Belgique enregistrait plus de 10 000 hospitalisations annuelles pour des infections au VRS chez les moins de cinq ans, dont près de 7 000 bébés de moins d’un an.

Avec l’arrivée des mois froids, le VRS circule généralement entre octobre et mars, atteignant un pic autour de la mi-décembre. Pour la saison 2025-2026, Sciensano prévoit une efficacité de 82,5% de l’immunisation des jeunes enfants contre les hospitalisations dues au VRS. Deux stratégies de prévention ont été mises en place depuis l’hiver 2024-2025. La première consiste à vacciner les femmes enceintes entre la 28e et la 36e semaine de grossesse, surtout si l’accouchement est prévu entre début septembre et fin janvier. La seconde stratégie implique l’injection d’un anticorps monoclonal à action prolongée, administré en une seule dose intramusculaire, soit à la naissance pour les nourrissons nés pendant la saison épidémique, soit en septembre et octobre pour ceux nés après le 16 mars 2026. Cette protection est efficace pendant au moins six mois.

La campagne de vaccination actuelle, débutée en septembre, vise à protéger tous les nourrissons, y compris ceux dits « de rattrapage », c’est-à-dire ceux nés avant le début de la saison du VRS. Le Dr Françoise Mambourg, présidente du comité de pilotage BeRSV, explique qu’il reste encore à immuniser environ 50 000 enfants, sachant qu’environ 110 000 naissances ont lieu chaque année en Belgique, et que près de la moitié d’entre eux ont déjà bénéficié de l’immunisation à la maternité. Elle souligne l’importance de cette démarche, car les enfants ayant développé une bronchiolite peuvent connaître des récidives et des problèmes de santé à long terme, notamment des troubles asthmatiques.

L’étude, intitulée « National impact of infant RSV prevention in Belgium during the 2024-2025 season », repose sur des données recueillies par les systèmes de surveillance SARI et RSVPed, qui couvrent près de 47% des lits pédiatriques et 67% des lits de soins intensifs pédiatriques en Belgique.