
Accises réduites, prix plafonnés, surprofits taxés : les réponses européennes à la hausse des carburants
Face à la hausse des carburants et plus largement de l’énergie, plusieurs États européens ont choisi des réponses différentes selon leurs marges budgétaires et leurs priorités. La source montre un paysage très fragmenté, allant de baisses de taxes à des plafonnements de prix, en passant par des aides ciblées ou des taxes sur les surprofits du secteur pétrolier.
Des réponses nationales très שונות selon les pays
Selon Eurofound, agence de l’Union européenne qui recense les mesures liées au coût de la vie, les gouvernements ont agi depuis mars dernier avec des outils variés. L’Allemagne a annoncé une baisse de 14 centimes par litre sur l’essence et le diesel, applicable à partir du 1er octobre, et étudie aussi un plafonnement des prix, inspiré du modèle belge. En Belgique, un paquet de 80 millions d’euros avait été débloqué en avril pour soutenir les automobilistes dépendants de leur véhicule et les ménages vulnérables, avec notamment un renforcement des fonds sociaux liés au mazout et à l’énergie.
La source cite aussi l’Autriche, qui a réduit la TVA sur plusieurs produits alimentaires de base, avec un gain estimé à 100 euros par ménage et un coût annuel de 400 millions d’euros pour l’État. En Bulgarie, les autorités ont prévu une compensation pouvant couvrir 50 % des coûts d’électricité au-delà d’un seuil, sous réserve d’approbation par la Commission européenne.
Plafonner les marges, réduire les accises, taxer les profits
Plusieurs pays ont choisi d’agir directement sur le prix à la pompe. La Grèce a plafonné entre mars et juin 2026 les marges des raffineurs et des stations-service sur l’essence et le diesel, tout en encadrant aussi certaines marges sur des produits de base. La Hongrie avait mis en place un plafonnement des prix réservé aux véhicules immatriculés dans le pays, avant d’en sortir progressivement à partir de la mi-juin, puis d’envisager une subvention pour certains véhicules diesel.
La Pologne a d’abord combiné baisse de TVA, plafonnement des prix et réduction des accises, avant de retirer ces mesures à la fin de l’été. Le gouvernement envisage maintenant une taxe de 60 % sur les surprofits pétroliers, dont le produit serait affecté à des rabais ciblés à la pompe, pour un montant évoqué de 920 millions d’euros.
Des mesures temporaires, parfois déjà en recul
La source insiste sur le caractère souvent provisoire de ces dispositifs. En Irlande, la réduction des accises sur les carburants, mise en place en mars, prend fin progressivement depuis septembre. En Suède, les accises sur l’essence et le diesel ont été ramenées temporairement au minimum autorisé par l’Europe entre mai et septembre. En Italie, la baisse des accises décidée au début de la crise a été réduite progressivement à partir du 25 septembre, en raison de son impact sur les finances publiques.
À l’inverse, certains pays prolongent ou élargissent leurs aides. La France a annoncé la prolongation jusqu’à fin 2026 d’une aide de 100 euros pour 5,5 millions de personnes, ainsi que des soutiens pour les infirmiers, les employeurs et certains secteurs comme le bâtiment et l’agriculture. Le Luxembourg a, lui, adopté un plan de 432,5 millions d’euros sur deux ans, comprenant des allègements sur les carburants et des aides pour l’électricité, le gaz et le mazout.
Ce qu’il faut retenir
- Les États européens utilisent des leviers différents: baisse de taxes, plafonnement des prix, aides ciblées ou taxation des surprofits.
- Plusieurs mesures sont temporaires et certaines ont déjà été réduites ou supprimées, comme en Irlande, en Italie, en Hongrie ou en Suède.
- La source souligne aussi des incertitudes: certaines mesures restent à adopter, comme en Danemark, ou doivent encore être validées, comme en Bulgarie.
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