Belgique

Andras Baka, nouveau président hongrois, remplace Orban : qui est-il ?

Une large majorité des députés hongrois, avec 140 voix pour et seulement six contre, a élu Andras Baka, ancien président de la Cour suprême, au poste de chef de l’État. À 73 ans, Baka est le premier à occuper cette fonction depuis l’éviction de l’ancien président, un acte controversé qui a suscité un boycott du vote par le parti Fidesz de Viktor Orban, en signe de protestation.

Baka, qui a été limogé sous le mandat d’Orban, représente une nouvelle direction politique visant à restaurer l’État de droit après seize années de gouvernance critiquée. Son parcours, riche en expériences juridiques, le positionne comme une figure emblématique des luttes pour l’indépendance judiciaire en Hongrie. Après avoir été député lors de la transition démocratique de 1990, il a siégé à la Cour européenne des droits de l’homme pendant dix-sept ans avant de revenir à la tête de la Cour suprême hongroise.

Son éviction en 2012, survenue dans le cadre de réformes judiciaires controversées, a été perçue comme une manœuvre politique pour affaiblir le pouvoir judiciaire. Baka avait dénoncé une réforme abaissant l’âge de départ à la retraite des juges, qu’il considérait comme une purge déguisée. Cette décision a été suivie par des critiques émanant de l’Union européenne, qui a jugé illégales ces réformes. En 2016, la Cour européenne des droits de l’homme a également soutenu Baka, affirmant que son limogeage était lié à ses critiques des réformes gouvernementales, ce qui constituait une atteinte à l’indépendance de la justice.

L’analyste Bulcsu Zsiga a souligné que le retour de Baka en tant que chef de l’État envoie un message fort aux partenaires européens de la Hongrie, symbolisant une garantie de rétablissement de la démocratie libérale. Cependant, Baka n’est pas exempt de controverses. Son attachement strict au droit lui a valu des critiques, notamment de la droite hongroise, en raison de ses décisions sur des événements historiques sensibles, tels que la révolution de 1956 et les violences policières de 2006.

Sa nomination soulève également des questions sur les contradictions inhérentes à son parcours. Bien qu’il ait critiqué des modifications constitutionnelles, il est désormais appelé à succéder à Tamás Sulyok, qui a été écarté par une révision constitutionnelle similaire. Baka a reconnu cette contradiction, mais a justifié la nécessité de mesures exceptionnelles pour permettre une transition démocratique dans un pays qu’il considère comme un « État captif ».

Le rôle de président en Hongrie est principalement protocolaire, le pouvoir étant détenu par le Premier ministre. Toutefois, Baka a déjà exprimé des réserves sur certaines propositions du nouveau gouvernement, ce qui pourrait renforcer son indépendance. Selon Peter Magyar, il n’exercera son mandat que jusqu’à la réécriture de la Constitution, prévue pour un an à un an et demi.

Pour de nombreux Hongrois, l’élection d’Andras Baka est perçue comme une réparation historique. Pour d’autres, elle représente un test crucial de la promesse de Magyar de changer le système sans reproduire les méthodes de l’ancien régime.