Belgique

À l’Athénée Léonie de Waha, annulés CE1D et CESS.

Rudi Creeten, directeur de l’établissement, a tenté à deux reprises de récupérer les copies de CE1D et de CESS, mais il a constaté que les piquets de grève ne laissaient rien passer, ce qui rendait impossible cette récupération. La ministre de l’Enseignement francophone Valérie Glatigny a réagi aux blocages en estimant que les élèves seraient pénalisés, ces épreuves étant importantes pour se situer dans l’apprentissage.


Sur place, quelques enseignants viennent d’arriver et mettent en place leur piquet de grève. Ils sont actuellement une petite dizaine. Rudi Creeten, le directeur de l’établissement, a tenté à deux reprises de récupérer les copies de CE1D et de CESS. « Je me suis rendu avec mon assistante pour aller reprendre les fameuses copies au centre et là j’ai vu les piquets de grève qui ne laissaient rien passer, donc c’était impossible d’aller rechercher les copies, » explique-t-il.

« Il faut savoir quelle valeur on va donner à une épreuve passée dans ces circonstances, » ajoute-t-il.

La veille, la ministre de l’Enseignement francophone, Valérie Glatigny, avait réagi aux blocages, jugeant que les élèves seraient pénalisés, ces épreuves étant, selon elle, importantes pour évaluer l’apprentissage. Une opinion que le directeur ne partage pas entièrement. « Il faut savoir quelle valeur on va donner à une épreuve externe quand elle est passée dans des circonstances comme celle-là, avec des élèves déscolarisés, et je ne parle pas que dans mon établissement, la majorité des établissements liégeois depuis fin avril. Sincèrement, ces épreuves doivent être prises comme un indicateur. Mais il y a bien d’autres indicateurs : il y a l’accompagnement de l’élève au quotidien par les professeurs. À ce moment-là, avec ce système d’accompagnement, de différenciation d’apprentissage, on peut aider l’élève au maximum, et on n’attend pas une épreuve de fin d’année, même si, passée dans des circonstances normales, elle peut nous aider en termes d’indicateur seulement. »

C’est donc sur la base d’une évaluation continue que les élèves de l’établissement seront jugés. Reste la question du climat entre enseignants et direction, alors que les uns comme les autres se retrouveront ensemble dès la rentrée prochaine. « Le climat serein, c’est la base. On forme une équipe, et ça va du pouvoir organisateur de la ville de Liège jusqu’aux élèves. Il fallait cette cohésion, cette communication quasi quotidienne avec les parents aussi, qu’il ne faut pas oublier dans l’équation. Ici, tout s’est fait dans le respect, et ça, c’est fondamental, parce qu’effectivement, l’année prochaine, on va tous retravailler ensemble. À partir du moment où les élèves vont réussir et passer dans l’année qui suit, nous allons pouvoir les aider efficacement et le mieux possible grâce à une équipe dans laquelle il y a une parfaite cohésion, » conclut Rudi Creeten.

« Jusqu’au finish, » déclare Régine Fourny, permanente CSC Enseignement Liège, justifiant le maintien des piquets malgré l’annulation des épreuves : « Les piquets, c’est aussi une action symbolique, c’est la façon pour les enseignants de montrer qu’ils ne sont pas d’accord et qu’ils vont continuer au finish jusqu’à ce que la ministre revoie ses mesures. » Elle annonce que la mobilisation va se poursuivre jusqu’à la fin de l’année scolaire et que de nouvelles actions sont déjà prévues à la rentrée, voire pendant les vacances. Elle souligne aussi l’envoi d’huissiers devant les écoles « coffres-forts, » une décision qui, selon elle, attise la colère des enseignants plutôt que d’apaiser le conflit.

« Nous sommes là pour nos élèves, » précise Cihan Manap, professeur de philosophie et citoyenneté, affirmant que le piquet vise avant tout à protéger les élèves plus que les enseignants : « Il nous semble totalement injuste que des élèves qui n’ont pas fréquenté les écoles pendant un mois, voire plus, qui n’ont pas eu les révisions et les matières vues, soient obligés d’une certaine manière à venir présenter un examen. À part leur causer angoisse et stress, on ne voit pas l’intérêt de ces épreuves externes. » Il assure que les enseignants présents sur le piquet veillent également à accompagner et rassurer les élèves ainsi que les parents qui se présentent malgré tout devant l’établissement.

Enfin, notez que si votre enfant est concerné par l’annulation de son CE1D ou de son CESS, vous avez dû en être informé par e-mail. Sans nouvelle de votre établissement, l’examen externe a lieu comme prévu.