8800 impacts de foudre cette nuit : que prévoir ce soir ?
Des orages en arc ont frappé la Belgique, causant un décès, plusieurs blessés et des dégâts importants. Ces orages, caractérisés par une activité électrique intense et des rafales de vent dépassant parfois 100 km/h, sont considérés comme relativement rares.
Ce sont des orages d’un type particulier qui ont frappé la Belgique, causant un mort, plusieurs blessés et de nombreux dégâts : des orages en arc. Pierre Hansoul, météorologue, explique ce phénomène.
**Le plus frappant, cette nuit, c’était l’accumulation d’éclairs. Que s’est-il passé ?**
Il s’agit d’un phénomène caractéristique des orages en arc. Ce sont des orages multicellulaires qui se distinguent par une activité électrique importante, notamment avec un grand nombre d’éclairs infranuageux. On a une impression de stroboscope qui se rapproche. L’activité électrique est intense parce que ce sont des nuages avec une grande extension verticale. Plus le nuage est épais, plus il y a de frictions entre les courants ascendants et descendants, ce qui favorise la formation d’ions et, par conséquent, des décharges électriques.
Ces nuages ont souvent des bases plus élevées que la moyenne des orages, ce qui entraîne une fréquence accrue des éclairs intranuageux, c’est-à-dire au sein même du nuage, plutôt que des éclairs nuages-sols, bien qu’il puisse aussi y en avoir. Ces éclairs très nuageux sont extrêmement fréquents et créent une illusion stroboscopique.
**L’autre caractéristique de ces orages en arc, ce sont les rafales de vent ?**
En effet. Ce sont des orages où des vents rapides en altitude sont rabattus vers le sol, entraînant des souffles devant et à l’intérieur de l’orage. Il n’est pas rare d’observer des rafales dépassant 100 km/h lors de ce type d’orage.
**Certains ont pu observer des nuages en rouleau ?**
Oui, c’est un spectacle visuel saisissant. Bruxelles ne les a pas vus car les orages y sont arrivés la nuit, mais des personnes près de la frontière française et du Hainaut en ont encore aperçu, car il y avait un peu de lumière. Il s’agit vraiment d’un nuage en forme de rouleau, ou arcus, situé à l’avant de l’orage. On peut le voir s’approcher de loin, avec des éclairs stroboscopiques à l’arrière. On ressent aussi les premières rafales de vent environ une demi-heure avant l’arrivée de l’orage, signes d’une intensité notable.
**Ce type d’orage est relativement rare ?**
On en rencontre chaque année, mais ils ne sont pas les plus fréquents en Belgique.
**Les orages en arc causent-ils généralement beaucoup de dégâts ?**
Les dégâts sont principalement dus à la grêle, un peu à la foudre, et aux vents. Cependant, ces orages avancent rapidement. Bien que les intensités pluvieuses puissent être élevées, leur rapidité diminue souvent les dégâts des eaux par rapport à des orages stationnaires, comme ceux du 30 mai, qui, en restant sur place plusieurs heures, provoquent davantage d’inondations.
**Ces orages arrivent après une vague de chaleur, est-ce systématique dans ces cas-là ?**
Ce n’est pas systématique, mais c’est très fréquent. À la fin d’une vague de chaleur, il y a souvent un conflit entre de l’air chaud qui s’éloigne et de l’air maritime plus frais qui arrive par l’ouest. Ce contraste de masses d’air est propice à la formation d’orages. Ce n’est pas dans 100 % des cas, mais cela se produit souvent.
**Est-ce que ces orages deviendront plus fréquents avec le réchauffement climatique ?**
Aucune preuve ne le confirme. Toutefois, il est plus avéré que les orages pourraient devenir plus intenses en termes d’intensité et de précipitations. Chaque augmentation d’un degré dans une masse d’air représente une augmentation de 7 % de l’eau précipitable. Donc, chaque augmentation d’un degré pour un même orage entraîne 7 % de précipitations supplémentaires.
**À quoi s’attendre cette nuit ? Aura-t-on encore ce type d’orage en arc ?**
Il est beaucoup moins probable d’observer des orages en arc cette nuit par rapport à la nuit précédente. Cependant, des orages sont possibles ce soir et cette nuit, notamment entre l’Ardenne, la Gaume et l’est du pays en général. Les régions les plus à risque sont celles proches de la frontière luxembourgeoise, allemande et hollandaise, notamment autour de Maastricht.
