Belgique

700 manifestants s’opposent à l’ouverture de la chasse aux canards près des marais d’Harchies

Près de 700 personnes se sont rassemblées ce vendredi soir à Bernissart pour protester contre la chasse aux canards, qui se déroule à proximité d’une zone protégée. Lucie Moers, l’une des manifestantes, a exprimé son indignation : « Ça n’a aucun sens, c’est une aberration. On les protège ici et juste à côté, bam, on les abat. Les oiseaux ne connaissent pas de frontières. » Ce rassemblement a également été motivé par un sentiment d’urgence face à la crise climatique actuelle. Jean-Luc Goes, un autre participant, a souligné l’incompréhension face à la décision de chasser des animaux déjà éprouvés par des traumatismes environnementaux.

Les marais d’Harchies, considérés comme la plus grande zone humide de Wallonie, abritent une biodiversité riche, mais sont menacés par des pratiques de chasse de l’autre côté de la frontière française. Les chasseurs français attirent les canards avec des leurres et des graines, ce qui a conduit à la disparition de 500 canards l’année dernière. Pour rendre hommage à ces oiseaux disparus, les manifestants ont déposé des illustrations symboliques au pied d’une stèle, observant une minute de silence avant d’être interrompus par des tirs au loin, suscitant des huées de la foule.

La chasse dans cette région est justifiée par les chasseurs français, qui affirment que la biodiversité n’est pas en danger. Simon Regin, président de la Fédération des chasseurs du Nord, a déclaré : « Il faut prendre en compte une population dans son entièreté. » De leur côté, les autorités françaises insistent sur le fait que cette activité est strictement encadrée par des dispositifs scientifiques de suivi des espèces.

Sur le terrain, les forces de l’ordre ont été mobilisées pour contenir les chasseurs. Alain Malengreau, guide aux Marais d’Harchies, a rapporté que les CRS avaient réussi à maintenir les chasseurs à distance. Nicolas Schümmer, de la Ligue royale belge de protection des oiseaux, a plaidé pour l’établissement d’une zone tampon de 1500 mètres entre la Belgique et la France, afin de protéger les oiseaux des marais d’Harchies.

La réserve naturelle bénéficie d’un investissement de 1,4 million d’euros entre 2019 et 2024, financé par l’Union européenne et le gouvernement wallon. Cependant, Schümmer a exprimé des doutes sur l’efficacité de ces fonds, notant que les populations d’oiseaux stagnent malgré les efforts de conservation. Les oiseaux doivent également faire face à d’autres menaces, notamment celles liées au réchauffement climatique. L’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a récemment demandé la suspension de la chasse dans 44 départements français, en raison de la fragilité accrue de la faune face aux conditions climatiques extrêmes.