
30 ans après, le 13 août 1996, arrestation de Marc Dutroux
L’affaire qui a secoué la Belgique dans les années 1990 commence avec la disparition tragique de Laetitia Delhez, une adolescente de 14 ans, le 9 août 1996 à Bertrix. Après avoir quitté la piscine, elle ne rentre jamais chez elle. Dès le lendemain, des témoins évoquent une camionnette blanche suspecte, ce qui pousse les enquêteurs à explorer cette piste. Le 12 août, des recherches dans les fichiers d’immatriculation et au bureau central de renseignements de la gendarmerie révèlent un nom : Marc Dutroux. C’est alors que les forces de l’ordre décident de lancer une opération dans la région de Charleroi, où le suspect pourrait se trouver.
Le 13 août, l’opération aboutit à l’arrestation de Marc Dutroux, de son épouse Michelle Martin et de Michel Lelièvre. Au cours de l’interrogatoire, Dutroux nie d’abord toute implication, mais son complice, Michel Lelièvre, sous l’effet du manque de drogue, finit par craquer et avoue. Il finit par indiquer aux enquêteurs l’existence de deux filles retenues en captivité.
Le 15 août, en fin d’après-midi, les enquêteurs perquisitionnent la maison de Dutroux à Marcinelle. Dans une cache aménagée dans la cave, ils découvrent Laetitia Delhez et Sabine Dardenne, une fillette de 12 ans disparue depuis le 28 mai 1996 à Tournai. Leur libération suscite une vague d’espoir, mais elle est rapidement suivie par une profonde consternation lorsque les corps de Julie Lejeune et Mélissa Russo, deux jeunes filles disparues en juin 1995, sont retrouvés enterrés dans le jardin d’une autre propriété de Dutroux.
Les révélations qui suivent révèlent des dysfonctionnements alarmants au sein des institutions judiciaires et policières belges. Marc Dutroux, déjà condamné pour des agressions sexuelles, bénéficiait d’une liberté conditionnelle au moment des faits. Le 20 octobre 1996, plus de 300 000 personnes participent à la « Marche Blanche » à Bruxelles, exigeant justice et réformes. En réponse, le Premier ministre de l’époque, Jean-Luc Dehaene, promet des changements significatifs dans le système judiciaire.
En 2004, après huit ans d’enquête, le procès de Marc Dutroux s’ouvre à Arlon, attirant une attention médiatique considérable. Après plus de trois mois d’audiences, Dutroux est reconnu coupable d’enlèvements, de séquestrations, de viols et de meurtres, et condamné à la réclusion à perpétuité. Ses complices reçoivent également des peines de prison.
Aujourd’hui, malgré le passage des années, Marc Dutroux reste une figure d’actualité. En juillet 2024, une perquisition dans sa cellule révèle des photos compromettantes, relançant les interrogations sur la sécurité de l’établissement pénitentiaire. Jean-Denis Lejeune, le père de Julie, exprime son indignation face à la lenteur de l’enquête et à l’absence de résultats concrets. Dutroux, quant à lui, affirme que ces images ont été placées dans sa cellule pour le harceler.
Les investigations continuent, avec des expertises en cours pour déterminer l’origine des annotations sur certaines photos. La défense de Dutroux a également changé, un nouveau groupe d’avocats prenant le relais après le départ de son ancien représentant. L’affaire, qui a profondément marqué la société belge, continue de soulever des questions sur la justice et la sécurité des enfants.
