Algérie

Zetchi, Charaf-Eddine, Zefizef : le procès FAF reporté au tribunal

Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a ajourné ce mardi le procès des trois anciens présidents de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheireddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef, à une date fixée au 21 juillet 2026 en raison de l’absence de notification officielle de six membres de l’ancien bureau fédéral. Les poursuites engagées contre les anciens dirigeants de l’instance fédérale s’articulent autour de plusieurs infractions graves, telles que la passation de marchés en violation des procédures légales, l’octroi d’avantages indus à des tiers, le détournement de fonds publics et l’abus de fonction.


Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a renvoyé ce mardi le procès des trois anciens présidents de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheireddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef. La prochaine audience est planifiée pour le 21 juillet 2026. Ce report est dû à l’absence de notification officielle concernant six membres de l’ancien bureau fédéral habitant en dehors d’Alger, dont Bahloul, Maâmar et Kaddah, tous placés sous contrôle judiciaire, comme l’a rapporté le média El-Khabar.

L’absence de la partie civile a également été mentionnée. Ni le ministère de la Jeunesse et des Sports ni la Fédération algérienne de football elle-même n’étaient présents à l’audience. Ces deux absences cumulées ont conduit le juge à ordonner le renvoi, en attendant que toutes les formalités légales de convocation soient remplies. Le procès a donc été reporté au 21 juillet prochain, selon la même source.

Des scènes poignantes se sont déroulées durant l’audience, plusieurs proches des accusés présents dans la salle ayant exprimé leur émotion à l’annonce du report. Charaf-Eddine Amara, visiblement amaigri, a embrassé la main de son épouse avant d’être reconduit vers le fourgon pénitentiaire. Zetchi, lui aussi affecté physiquement par plusieurs mois de détention, semblait avoir perdu du poids, même si dans une moindre mesure.

Ces images soulignent qu’au-delà des dossiers judiciaires, des hommes attendent un jugement. Zetchi a désormais cumulé plus de dix-neuf mois de détention provisoire dans cette affaire. Le temps est nécessaire à la justice pour instruire un dossier impliquant plus d’une quinzaine de prévenus, dont plusieurs anciens membres du bureau fédéral déjà condamnés pour d’autres affaires.

Pour mémoire, Kheireddine Zetchi est le premier à avoir été incarcéré dans cette affaire, placé en détention provisoire à la prison de Koléa en novembre 2024. Les enquêtes portent notamment sur des contrats suspects conclus lors de l’organisation du CHAN-2023 et de la CAN U17, ainsi que sur des marchés jugés non conformes à la législation.

Charaf-Eddine Amara, quant à lui, avait initialement bénéficié d’un contrôle judiciaire dans le dossier FAF avant d’être emprisonné le 21 décembre 2025, dans une affaire distincte concernant sa gestion du groupe public Madar. Une deuxième détention a eu lieu en janvier 2026, cette fois en lien avec des irrégularités financières liées à l’organisation du CHAN-2023. Djahid Zefizef a été placé en détention provisoire le 28 avril 2026 dans une affaire impliquant le groupe public AGROLOG, après avoir été maintenu sous contrôle judiciaire depuis novembre 2023 dans le dossier FAF.

Les accusations portées contre les anciens dirigeants de l’instance fédérale s’articulent autour de plusieurs infractions graves. Les principaux griefs retenus par le parquet concernent la passation de marchés en violation des procédures légales, l’octroi d’avantages indus à des tiers, le détournement de fonds publics et l’abus de fonction. Le dossier fait également état de primes versées en devises, de factures d’hébergement gonflées et d’un contrat signé avec une agence de voyages tunisienne sans mise en concurrence préalable.

La responsabilité de chacun est jugée différemment. Zetchi est directement incriminé pour avoir signé plusieurs contrats controversés. Amara et Zefizef, ses successeurs à la tête de la FAF, sont quant à eux poursuivis pour ne pas avoir résilié ces accords ni signalé les irrégularités, alors que ceux-ci continuaient d’être appliqués. Les chefs d’inculpation s’appuient sur la loi 01-06, qui concerne la prévention et la lutte contre la corruption, et prévoit des sanctions pour blanchiment d’argent et complicité.