Visa Schengen, EES et ETIAS : des démarches simplifiées pour les voyageurs ?
Le WTTC estime que l’Europe doit accélérer la numérisation des visas Schengen et mieux organiser les contrôles aux frontières pour rester compétitive dans le tourisme mondial. Cette position intervient alors que le système d’entrée/sortie EES est déjà en place et que l’ETIAS doit arriver en 2027, deux dispositifs qui modifient l’accès au continent.
Un diagnostic centré sur l’accès au territoire européen
Le Conseil mondial du voyage et du tourisme a présenté ce message lors de son 26ᵉ sommet mondial à La Valette, à Malte, dans un rapport publié le 9 octobre 2026. Le document porte sur l’évolution du tourisme en Europe, ses perspectives jusqu’en 2036 et les mesures jugées utiles pour soutenir la croissance du secteur.
Selon l’organisation, les visas à entrées multiples ont reculé par rapport à 2019, alors qu’ils restent importants pour les voyageurs réguliers. Le WTTC plaide donc pour un visa Schengen en ligne, dont la généralisation par la Commission européenne est évoquée autour de 2030. L’enjeu, d’après le rapport, est de rendre les démarches plus simples sans affaiblir le contrôle des entrées.
EES, ETIAS et coût cumulé pour les voyageurs
Le rapport rappelle que l’EES est opérationnel depuis avril 2026 et que l’ETIAS est attendu pour 2027. Ces outils biométriques sont présentés comme des instruments de sécurité, mais le secteur touristique signale déjà des ralentissements dans les aéroports et demande des contrôles plus fluides.
Le WTTC attire aussi l’attention sur l’accumulation des frais supportés par les visiteurs internationaux. Il cite notamment les taxes de séjour, les charges aériennes et l’autorisation ETIAS, annoncée à 20 euros. L’organisation estime que ces coûts additionnés peuvent peser sur l’attractivité de l’Europe face à d’autres destinations.
Des flux importants, mais une dépendance à l’Europe elle-même
Le rapport indique que l’Europe a enregistré 757,3 millions d’arrivées en 2025. Près des trois quarts de ces visiteurs venaient d’autres pays européens, ce qui montre une forte dépendance aux flux intracontinentaux. Le WTTC juge nécessaire de diversifier davantage les marchés émetteurs, en particulier vers l’Asie, où les volumes restent inférieurs à ceux d’avant la pandémie.
À l’inverse, les arrivées en provenance des États-Unis dépasseraient les niveaux de 2019, tandis que de nouvelles clientèles apparaissent en Asie centrale. Le rapport recommande d’aligner les campagnes de promotion touristique avec des démarches de visa plus simples, afin de capter ces marchés.
Le WTTC avance enfin une projection à l’horizon 2036: 1,14 milliard de visiteurs internationaux, 3 800 milliards de dollars de contribution économique et 50 millions d’emplois soutenus. L’organisation ajoute que l’Espagne pourrait alors dépasser la France en nombre d’arrivées, tout en soulignant que ces perspectives supposent des investissements dans les infrastructures, la gestion des flux et la formation.
Ce qu’il faut retenir
- Le WTTC demande à l’Union européenne de numériser plus vite les visas Schengen et de fluidifier les contrôles aux frontières.
- L’EES est déjà en vigueur depuis avril 2026 et l’ETIAS est attendu pour 2027, avec un coût annoncé de 20 euros.
- Le rapport évoque 757,3 millions d’arrivées en 2025 et projette 1,14 milliard de visiteurs en Europe d’ici 2036.
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