
Visa américain : la caution définitive de 20 000 dollars, Algériens concernés
Visiter les États-Unis s’annonce désormais comme un défi financier de taille. La caution pour obtenir un visa américain, qui peut atteindre jusqu’à 20 000 dollars, devient une exigence incontournable. Pour de nombreux demandeurs, notamment les Algériens souhaitant rendre visite à leur famille ou établir des relations commerciales, cette somme représente un obstacle majeur, transformant une simple demande de visa B1/B2 en un véritable parcours semé d’embûches. Quelles sont les implications de cette nouvelle mesure et qui est réellement concerné ? Voici les éléments clés.
Le montant de la caution, désormais fixé à 20 000 dollars, est devenu une règle permanente après que le Département d’État a annoncé sa pérennisation, mettant fin à la phase pilote qui avait débuté en août 2025. Cette décision, effective depuis ce lundi, s’accompagne d’un relèvement du plafond et d’un durcissement des conditions d’accès. L’Algérie figure parmi les 50 nationalités impactées par cette nouvelle réglementation.
Un avis publié dans le Federal Register, le journal officiel des États-Unis, a officialisé cette transformation. La revue menée sur près d’un an a permis de conclure à l’efficacité du programme, selon le communiqué officiel. À partir de maintenant, les demandeurs de visas B1 et B2, qui concernent les voyages d’affaires et de tourisme, devront verser une caution avant leur entretien consulaire. Cette somme sera remboursée en cas de refus de visa ou si le titulaire respecte les conditions de séjour à son retour, un aspect crucial qui vise à garantir le retour des voyageurs dans les délais impartis.
Les résultats obtenus par le Département d’État sont impressionnants. En 2024, près de 45 500 ressortissants des 50 pays concernés avaient dépassé la durée légale de leur séjour aux États-Unis. Cependant, durant les dix premiers mois du programme pilote, ce chiffre a chuté à moins de 50 cas, ce que Washington considère comme une preuve de l’efficacité de cette mesure.
Cette initiative, lancée par l’administration Trump dans le cadre d’une stratégie de lutte contre l’immigration irrégulière, s’accompagne également d’un argument économique. Le gouvernement américain estime qu’intercepter et expulser un voyageur en situation irrégulière coûte environ 18 000 dollars, un montant que la caution vise à dissuader.
Cependant, l’ampleur du programme a largement dépassé les prévisions initiales. Alors que le Département d’État anticipait environ 2 000 demandeurs, ce sont en réalité près de 20 000 candidats qui ont été concernés, avec près de la moitié d’entre eux renonçant à payer, entraînant une baisse de 83 % du nombre de visas B1/B2 délivrés.
L’Algérie, aux côtés de pays comme la Tunisie, le Sénégal, le Nigeria, l’Éthiopie, le Venezuela et la Géorgie, fait partie des nationalités soumises à cette nouvelle obligation. Cette mesure intervient dans un contexte déjà difficile pour les ressortissants algériens, puisque depuis janvier 2026, la délivrance des visas d’immigrant est suspendue et l’entretien consulaire est devenu obligatoire pour presque toutes les catégories de demandeurs.
Les critiques de ce programme soulignent une réalité économique préoccupante : mobiliser une somme de 10 000 ou 20 000 dollars pour un simple visa touristique est inaccessibile pour la majorité des candidats issus de pays à revenus modestes.
