Algérie

Verdict rendu contre l’auteur de la vidéo obscène sur une fille de 8 ans

Le tribunal de Boufarik a rendu son verdict ce mercredi soir, condamnant S. Anouar à une peine de deux ans de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu’à une amende de 200 000 DA. En outre, le prévenu a été sommé de verser un dinar symbolique à l’Organisme national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE).

S. Anouar était jugé en comparution immédiate pour des accusations de « discrimination » et d’« atteinte à la vie privée d’un enfant par la publication de contenus nuisibles », en vertu des articles 2 et 31 de la loi n° 20-05 sur la lutte contre la discrimination et le discours de haine, ainsi que de l’article 140 de la loi n° 15-12 sur la protection de l’enfant. Cette affaire a été déclenchée par la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle le prévenu tenait des propos extrémistes, jugés immoraux et incitant à la haine envers des enfants en raison de leur apparence vestimentaire.

Lors de son audition, S. Anouar a reconnu avoir diffusé la vidéo afin de dénoncer ce qu’il considérait comme des « comportements inappropriés ». Il a déclaré que son intention était de conseiller les parents et le public, sans vouloir nuire à quiconque, en particulier à la fillette de huit ans visée. Il a reconnu une « maladresse dans le choix des termes » et a supprimé la vidéo après avoir reçu des critiques virulentes. Par la suite, il a présenté ses excuses dans une seconde vidéo, affirmant qu’il n’avait jamais eu l’intention de causer un préjudice psychologique.

La défense de l’ONPPE a souligné l’importance de traiter cette affaire dans un cadre juridique strict, sans la politiser ni l’utiliser pour créer des tensions, alors que le dossier a suscité un intérêt médiatique considérable. L’avocat a précisé que cette affaire ne devait pas être interprétée sous un angle religieux, mais devait être centrée sur la protection de l’enfance. Il a rappelé que l’Algérie a ratifié des conventions internationales sur ce sujet et que l’ONPPE dispose d’une cellule de veille pour protéger les enfants en danger.

De son côté, la défense de S. Anouar a plaidé l’absence d’intention criminelle, arguant que leur client n’avait pas révélé l’identité de la fillette. Ils ont soutenu que son action était motivée par un souci de bienveillance et de protection des enfants face à la montée des agressions sexuelles. Contestant la qualification de discours de haine, les avocats ont demandé la relaxe de leur client, en présentant une pétition attestant de sa bonne conduite au sein de sa communauté.

Le procureur de la République a, quant à lui, affirmé que l’enfant représente « une ligne rouge » et que toute atteinte à ses droits est inacceptable. Il a requis une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 300 000 dinars, avant que le tribunal ne délibère sur l’affaire.