Algérie

Un promoteur immobilier arrêté propose une fortune à des policiers.

Un promoteur immobilier, objet de six mandats d’arrêt pour des affaires de chèques sans provision, a été interpellé dans une cafétéria à Alger grâce à des informations fiables transmises aux services de sécurité. Lors de son audition, il a formulé une proposition de corruption à des policiers en service, proposant 1 milliard de centimes en liquide et un appartement luxueux à Alger en échange de sa libération.


Un promoteur immobilier, faisant l’objet de six mandats d’arrêt pour des affaires de chèques sans provision, a tenté de négocier sa liberté en offrant de l’argent liquide et les clés d’un appartement. Interpellé dans une cafétéria à Alger grâce à des informations fiables transmises aux services de sécurité, il a proposé de corrompre des policiers durant son audition. Cette erreur a conduit à sa transformation de fugitif à prévenu pour atteinte à l’intégrité des fonctionnaires de l’État.

Ce promoteur avait pendant des mois évité de se présenter devant les juridictions compétentes, accordant un intérêt à sa clandestinité plutôt qu’à honorer ses dettes ou à faire face à la justice. Six affaires pénales le visaient, toutes liées à l’émission de chèques sans provision, pour lesquelles des peines de prison avaient été déjà prononcées.

Son parcours d’évasion a pris fin dans un café de la capitale lorsque les forces de l’ordre, sur la base de renseignements vérifiés, l’ont localisé et arrêté. Par la suite, il a été conduit au commissariat pour être entendu.

C’est au cours de son interrogatoire qu’il a commis une grave erreur. En marge des questions officielles, il a fait une proposition discrète aux policiers : 1 milliard de centimes en liquide, accompagnés d’un appartement de luxe à Alger, issu de l’un de ses projets immobiliers. En échange, il espérait être relâché et que tous les dossiers le concernant soient étouffés.

Les agents ont rejeté cette offre et ont consigné ces éléments dans leurs rapports. Ce qui aurait pu rester une tentative désespérée de corruption a engendré une nouvelle infraction pénale, plus sérieuse que les chèques impayés ayant motivé son arrestation. La corruption active d’un fonctionnaire public est sévèrement punie par la législation algérienne sur la prévention et la lutte contre la corruption.

L’affaire a été portée devant la huitième chambre pénale de la Cour d’Alger, se fondant sur l’article 25, alinéa 1 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, qui vise explicitement la promesse d’un avantage à un agent public en échange d’un acte relevant de ses fonctions.

Le promoteur avait initialement été jugé en première instance par le tribunal de Chéraga, qui l’avait reconnu coupable et condamné à un an de prison ferme, assorti d’une amende de 200 000 dinars. Insatisfait du verdict, il avait interjeté appel. La chambre pénale de la Cour d’Alger a alors réexaminé les faits avant de statuer sur le fond.