Algérie

Tebboune ordonne plusieurs mesures : guichet unique, foncier industriel, ports…

Le gouvernement algérien a fixé un échéancier précis : le guichet unique dédié à l’investissement doit être opérationnel avant la fin de septembre. Cette directive a été énoncée par le président Abdelmadjid Tebboune lors d’une réunion de travail consacrée à l’investissement, tenue le 9 septembre. En parallèle, le chef de l’État a ordonné le lancement immédiat d’un inventaire complet des terrains industriels disponibles sur le territoire national.

La Présidence a publié un communiqué soulignant que des instructions fermes ont été données aux responsables présents pour que ce guichet unique devienne une réalité tangible dans les semaines à venir, et non un projet théorique. L’objectif principal est de fournir aux porteurs de projets un point d’entrée unique, capable de gérer leurs dossiers de manière intégrale. Cette initiative vise à éliminer les allers-retours entre différentes administrations, souvent perçus comme un obstacle majeur à la mise en œuvre de projets productifs.

Cette exigence de résultats est en ligne avec la méthode adoptée par le président, qui avait déjà imposé un délai d’un mois aux ministères pour interconnecter leurs systèmes informatiques, avec un suivi direct depuis El Mouradia.

En parallèle, un vaste recensement des terrains à vocation industrielle a été lancé. Ce travail d’inventaire vise à dresser un état des lieux exhaustif des terrains, qu’ils soient attribués mais inexploités, partiellement viabilisés ou bloqués par des litiges. Ce besoin d’identification répond à un paradoxe de l’économie algérienne : alors que des investisseurs se plaignent de la difficulté à trouver des terrains, de vastes superficies restent inactives entre les mains de bénéficiaires qui n’ont rien construit. Sans une cartographie fiable, toute redistribution des terrains devient impossible.

Un autre axe des instructions présidentielles concerne la numérisation des procédures d’investissement. Le président a spécifiquement mentionné les administrations les plus impliquées dans le traitement des dossiers, notamment les impôts, les domaines et les douanes. L’objectif est de dématérialiser l’ensemble du parcours de l’investisseur. Chaque étape effectuée en ligne sera traçable, limitant ainsi l’intervention des intermédiaires et réduisant les zones d’ombre. Cette approche technologique s’inscrit dans une volonté de transparence, visant à freiner la spéculation par le biais d’un système numérique de suivi.

La présence de la ministre chargée de la numérisation et du directeur général des douanes lors de cette réunion souligne l’importance d’une approche intégrée, où aucun acteur ne doit être laissé de côté.

Enfin, en matière de commerce extérieur, une décision majeure a été prise concernant les infrastructures portuaires. Le président Tebboune a approuvé une réorganisation qui attribue une vocation spécifique à chaque port, au lieu de les faire fonctionner de manière indifférenciée. Ainsi, le port de Mostaganem sera exclusivement réservé aux importations des entreprises publiques, une mesure qui devrait alléger la saturation des autres plateformes, notamment celle d’Alger. Cette réorganisation s’inscrit dans un processus plus large de reprise en main du commerce extérieur, déjà amorcé par la création de nouvelles cartes d’importateur et d’exportateur, visant à assainir un secteur souvent affecté par des pratiques opportunistes.