Algérie

Réforme de l’école algérienne : Louisa Hanoune conteste et appelle Tebboune à agir


Les débats sur l’avenir de l’éducation en Algérie prennent de l’ampleur, et la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, appelle à une réévaluation des réformes éducatives en cours. Elle insiste sur la nécessité de dépasser les confrontations idéologiques pour adopter une approche axée sur l’expertise, le dialogue et la contribution des spécialistes.

Lors d’une récente intervention sur les défis éducatifs, Hanoune a souligné plusieurs axes cruciaux pour repenser le système scolaire algérien. Parmi ceux-ci, elle a évoqué l’importance de la philosophie, la gestion des langues et la nécessité d’impliquer des experts dans le débat public.

Pour Louisa Hanoune, la philosophie ne doit pas être cantonnée aux filières littéraires. Elle plaide pour une intégration plus large de cette discipline dans l’éducation, afin de favoriser le développement de l’esprit critique, y compris dans les filières scientifiques. Elle estime que les discussions sur l’éducation ne devraient pas se limiter à des oppositions idéologiques, mais devraient s’appuyer sur des analyses scientifiques et pédagogiques, répondant ainsi aux besoins des élèves et de la société.

Concernant les langues, Hanoune a proposé une approche complémentaire entre les langues nationales et étrangères, affirmant qu’« il ne faut pas placer les langues en situation de rivalité ». Elle considère que leur apprentissage doit enrichir le parcours scolaire des élèves.

Louisa Hanoune a également plaidé pour un élargissement du débat sur la réforme de l’école, regrettant que les échanges se déroulent souvent sur les réseaux sociaux, où les discussions peuvent rapidement devenir conflictuelles. Elle appelle les médias, tant publics que privés, à offrir une plateforme pour une diversité d’opinions, permettant ainsi aux citoyens d’accéder à des arguments fondés sur des connaissances scientifiques et pédagogiques.

La secrétaire générale du PT a exprimé son soutien au pédagogue Ahmed Tessa, qui a récemment été critiqué pour ses positions sur des questions éducatives. Elle a souligné que les divergences scientifiques devraient être résolues par « la force de la démonstration et de la preuve », et non par des attaques personnelles.

En évoquant les précédentes réformes, Hanoune a mentionné les travaux réalisés sous la direction de l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit. Elle a mis en avant l’importance de la méthode participative adoptée à l’époque, qui a réuni de nombreux experts, linguistes et chercheurs autour d’une réflexion collective. Pour elle, cette approche devrait inspirer les discussions actuelles sur l’éducation, et elle appelle à l’organisation d’un débat national « sans tabous » réunissant tous les acteurs concernés.

Les propositions de Louisa Hanoune interviennent dans un contexte où la réforme de l’école algérienne est au cœur des préoccupations politiques et sociales. Les questions relatives aux contenus pédagogiques, à la place des langues et aux méthodes d’enseignement continuent de susciter des opinions divergentes et des débats passionnés.