Algérie

L’ONU révèle un essor de 422 % de la production en Algérie.

L’aquaculture algérienne, autrefois marginale, connaît une transformation spectaculaire au cours de la dernière décennie. Alors qu’il y a dix ans, ce secteur peinait à se faire une place dans les statistiques nationales, il affiche aujourd’hui une production qui a été multipliée par cinq, attirant ainsi l’attention des experts internationaux. Le Rapport national volontaire (RNV) 2026 de l’ONU souligne cette évolution significative, qui redéfinit progressivement le paysage agroalimentaire en Algérie.

La production aquacole a connu une progression impressionnante, passant de 1 300 à près de 7 000 tonnes entre 2015 et 2024. Cette croissance est le fruit d’une stratégie nationale axée sur le développement de l’aquaculture, qui met l’accent sur la formation des professionnels et la modernisation des infrastructures portuaires. En parallèle, la diversité des espèces élevées joue un rôle crucial dans cette dynamique. Le RNV met en lumière l’émergence de deux filières clés : les poissons d’eau douce et les crustacés. Les acteurs du secteur ont ainsi réussi à établir des couvoirs locaux et à organiser l’approvisionnement en alevins, surmontant les obstacles techniques qui freinaient jusqu’alors le développement des fermes aquacoles.

Cette dynamique ne se limite pas à une simple augmentation des volumes de production. Elle répond à des besoins concrets, notamment en matière de consommation. La pêche traditionnelle, quant à elle, se maintient autour de 105 000 tonnes par an, grâce à des flottilles modernisées et à des techniques de pêche mieux encadrées. L’aquaculture vient donc compléter l’offre, garantissant un approvisionnement constant et des prix plus stables tout au long de l’année, sans exercer de pression supplémentaire sur les ressources marines naturelles.

L’impact économique de l’aquaculture va bien au-delà des bassins de production. De nombreuses activités connexes, telles que la fabrication d’aliments pour poissons, la construction d’installations, et le transport, contribuent à faire vivre plusieurs milliers de personnes. Dans les zones arides, des agriculteurs intègrent des bassins aquacoles à leurs exploitations, leur permettant de diversifier leurs revenus tout en utilisant l’eau d’élevage pour irriguer leurs cultures.

Cette dynamique s’inscrit dans un cadre budgétaire plus large, avec environ 966 milliards de dinars investis dans le secteur agricole en 2023, représentant près de 8 % des dépenses publiques. Les subventions aux denrées de base, quant à elles, ont constitué 15 % du PIB en 2024.

En regardant vers l’avenir, l’ONU considère cette évolution comme un tournant pour la pêche en Afrique du Nord. Le rapport souligne que l’aquaculture pourrait devenir l’un des piliers d’une économie bleue en développement, aux côtés de la pêche durable et du tourisme côtier. L’Algérie ambitionne d’atteindre une production de 30 000 tonnes d’ici 2030, avec des adaptations déjà en cours pour ses infrastructures portuaires et ses zones d’activité.

Cependant, cette ambition doit s’accompagner d’une gestion responsable des ressources côtières. Avec plus de 1 600 kilomètres de côtes méditerranéennes, l’Algérie a mis en place une gestion intégrée des zones côtières, supervisée par le Commissariat national du littoral. Actuellement, 15,15 % des eaux côtières algériennes sont protégées, un chiffre qui devrait atteindre 20 % d’ici 2030. Ainsi, avec une planification rigoureuse et un suivi adéquat, l’aquaculture pourrait devenir un secteur clé de l’économie locale.