Algérie

Londres : un Algérien condamné pour avoir tenté de voler une montre à 337 000 dollars

Un ressortissant algérien âgé de 29 ans a été condamné à deux ans et quatre mois de prison par la justice britannique après avoir tenté de voler une montre de luxe à un touriste dans les rues de Londres. Brahim K., résidant dans le quartier d’Islington, a été reconnu coupable par la Crown Court de Southwark pour sa tentative de vol avec violence, visant une montre Richard Mille d’une valeur de 250 000 livres sterling, soit environ 337 000 dollars.

L’incident s’est produit le 1er mai dans le quartier prisé de St James’s. Quatre policiers en patrouille, circulant dans un véhicule banalisé, ont remarqué le comportement suspect de l’accusé sur Jermyn Street. Sa démarche lente et son attention appuyée envers les passants ont éveillé leurs soupçons, incitant un agent à le suivre discrètement.

Le suspect a ensuite utilisé un vélo en libre-service pour se rapprocher d’un touriste chinois. Arrivant par derrière, il a saisi le bras de la victime dans une tentative de lui dérober sa montre. L’agent de police, rapidement assisté par un passant, est intervenu pour stopper l’agression. Des renforts sont arrivés sur les lieux dans les minutes qui ont suivi, permettant ainsi de restituer la montre à son propriétaire.

Lors de son procès, Brahim K. a tenté de justifier son acte en affirmant qu’il voulait s’emparer de la montre « pour sa fille » vivant en France, une explication qui n’a pas convaincu le juge Nicholas Ainley. Ce dernier a souligné l’état de choc de la victime face à cette agression brutale.

Les enquêtes ont révélé que l’accusé avait un passé judiciaire chargé, avec dix-neuf condamnations à son actif en Espagne. De plus, un tribunal belge le recherche pour une peine de trois ans de prison liée à des affaires de vol et de faux. Ce profil criminel fait écho à d’autres affaires récentes, notamment celle de trois Algériens condamnés à Londres pour le vol de bijoux appartenant à la famille royale d’Abou Dhabi.

Le sergent-détective Andy Swindells, en charge de l’enquête, a souligné l’importance des patrouilles en civil, qui ont permis d’intercepter rapidement le suspect et de récupérer la montre volée. Il a précisé que cette intervention rapide a évité d’autres agressions similaires sur des résidents ou des visiteurs de la capitale.

Depuis plusieurs années, des groupes de voleurs, surnommés les « Rolex rippers », ternissent l’image de Londres. Leur modus operandi consiste à repérer des cibles portant des montres de valeur, à les suivre, puis à alerter des complices en scooter ou en voiture. Ce schéma rappelle des affaires récentes, comme celle de quatre hommes condamnés à Paris pour le vol d’une montre d’une valeur d’un million de dollars près du Champ-de-Mars.

Pour contrer ce phénomène, Scotland Yard a déployé des agents dans les quartiers les plus riches, certains d’entre eux jouant même le rôle d’appâts pour attirer les voleurs. Les résultats de cette stratégie sont significatifs : au cours des six premiers mois de l’année, les vols de montres dans les arrondissements de Westminster, Kensington & Chelsea et Hammersmith & Fulham ont chuté de 213 à 97, soit une diminution de plus de la moitié.

Chris Marinello, expert en restitution d’œuvres d’art et de montres volées, décrit les modèles Richard Mille comme des objets « incroyables », prisés pour leur design distinctif et leur mécanisme de « très haute précision » visible. Il souligne également que le manque de places dans les prisons britanniques entraîne des libérations anticipées, ce qui envoie un message inquiétant aux voleurs.

La police métropolitaine s’engage à maintenir la pression sur les réseaux criminels. « Nous continuons nos patrouilles basées sur le renseignement et nos opérations ciblées pour identifier les auteurs, démanteler les réseaux criminels et protéger le public », assure le sergent-détective Swindells, qui se réjouit de l’éloignement de délinquants comme Keddad des rues de Londres.