Algérie

L’Algérie détrône les USA et devient leader des exportations d’ammoniac en Europe.

L’Algérie se positionne comme un acteur clé sur le marché européen de l’ammoniac, avec une performance remarquable en juillet. Ce mois-là, le pays a exporté 25 000 tonnes vers la Norvège, représentant près de la moitié des importations totales de ce produit par le pays scandinave, qui s’élèvent à 53 000 tonnes. Cette dynamique place l’Algérie en tête des fournisseurs, devançant les États-Unis, qui ont exporté 23 000 tonnes.

Cependant, cette réussite s’accompagne de défis importants, notamment le renforcement des réglementations environnementales en Europe. Les autorités norvégiennes attribuent cette hausse à une « reprise significative des exportations algériennes », permettant à l’Algérie de maintenir une part de marché d’environ 30 % en Europe, avec près de 800 000 tonnes expédiées au cours du premier semestre 2023.

Face à un marché en mutation, l’industrie de l’ammoniac doit s’adapter à des politiques de plus en plus strictes concernant les émissions de carbone. L’ammoniac est directement concerné par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne, ce qui pourrait affecter la compétitivité des producteurs qui ne parviennent pas à réduire leurs émissions.

Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse la simple question des volumes exportés. La pérennité de sa position sur le marché européen dépendra de sa capacité à évoluer vers des pratiques plus durables. Le groupe Sonatrach, principal acteur du secteur, a déjà engagé des initiatives en ce sens, visant à réduire les émissions dans la production d’ammoniac gris, développer l’hydrogène vert et préparer de nouvelles capacités pour l’ammoniac vert.

Dans cette optique, Sonatrach collabore avec l’entreprise allemande VNG sur un projet pilote d’ammoniac vert, dont la production est prévue pour 2027. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à intégrer l’hydrogène vert dans la production d’ammoniac, un élément essentiel pour cette transition.

Parallèlement, l’Algérie investit dans les infrastructures nécessaires à cette transformation énergétique, avec un programme ambitieux prévoyant la mise en service de 3 000 MW d’énergie solaire et le lancement de 1 000 MW d’énergie éolienne. Les autorités s’attachent également à identifier des sites pour des unités de production d’hydrogène vert à grande échelle.

La montée en puissance des énergies renouvelables est cruciale pour l’Algérie, qui bénéficie d’une proximité géographique avec l’Europe, un atout majeur dans un contexte où les coûts de transport et l’empreinte carbone influencent de plus en plus les choix des fournisseurs. La performance de juillet en Norvège témoigne de la place actuelle de l’Algérie sur le marché européen de l’ammoniac, et l’avenir réside dans la conversion de cette présence en un avantage concurrentiel pour des produits à faible intensité carbone.