Himayatec s’indigne : des produits frais ne doivent pas être jetés.
Certains commerçants en Algérie préfèrent détruire leurs stocks excédentaires plutôt que de baisser les prix, ce qui suscite une vague d’indignation parmi les organisations de défense des consommateurs. Sofiane Louassa, membre de l’organisation « Himayatec », a déclaré que ces comportements pourraient être assimilés à des pratiques illégales s’il est prouvé qu’il existe une intention de provoquer une pénurie artificielle ou de manipuler les prix au détriment du consommateur.
Alors que les marchés affichent une pléthore de produits de saison, certains commerçants préfèrent détruire leurs stocks excédentaires plutôt que de réduire les prix. Cette pratique est dénoncée par les organisations de défense des consommateurs, qui demandent une régulation plus stricte.
Le tableau est désolant et se répète selon les récoltes : des tonnes de fruits et légumes, encore consommables, finissent dans les rues ou dans les décharges. Ce phénomène de destruction volontaire des invendus, constaté sur plusieurs marchés de gros et de détail en Algérie, soulève une forte indignation.
Au lieu de diminuer les prix pour écouler la marchandise face à une offre pléthorique, certains acteurs choisissent délibérément d’abandonner les produits pour maintenir des tarifs élevés.
Gaspillage alimentaire en Algérie : Pourquoi certains commerçants jettent-ils au lieu de brader ?
Cette approche inflexible de l’offre et de la demande pose des questions éthiques sérieuses. Pour de nombreux citoyens, observer des produits s’accumuler jusqu’à pourrir alors que le pouvoir d’achat est un problème majeur est inacceptable.
Les demandes se multiplient pour que ces excédents soient redirigés via des remises agressives ou des dons à des associations caritatives, limitant ainsi les pertes sévères et le gaspillage pur.
🟢 A LIRE AUSSI : Achat des moutons importés via Adhahi.dz : l’APOCE met en garde
Les organisations de protection des consommateurs signalent un manque évident de responsabilité professionnelle. Elles considèrent que la destruction volontaire de denrées alimentaires est le signe d’un dysfonctionnement profond du circuit commercial, nécessitant une action immédiate des autorités compétentes pour moraliser cette activité.
Lutte contre le gaspillage : Vers des contrôles renforcés et des sanctions pour les commerçants
Pour Sofiane Louassa, membre de l’organisation de défense des consommateurs « Himayatec », ces comportements sont « irresponsables » et contraires aux valeurs religieuses et morales du pays. Selon lui, ces agissements pourraient même être considérés comme illégaux.
« Ce type de pratiques peut être assimilé à des actions illégales s’il est prouvé qu’il y a une intention de créer une pénurie artificielle ou de manipuler les prix au détriment des consommateurs », a-t-il affirmé au quotidien Echorouk.
🟢 A LIRE AUSSI : Viandes rouges : Le plan de l’État pour briser les prix et garantir la disponibilité avant Aïd al-Adha
M. Louassa propose une approche pragmatique : au lieu de jeter, les commerçants devraient adopter un étiquetage intelligent, classant les produits par qualité et fixant des prix différenciés.
Alerte gaspillage : Le rôle crucial des citoyens pour assainir les marchés algériens
L’organisation « Himayatec » appelle désormais les citoyens à devenir des acteurs de la régulation. Elle incite les consommateurs à documenter et à signaler ces gaspillages aux autorités compétentes, tout en respectant le cadre légal (notamment l’interdiction de la diffamation).
Il s’agit d’un double enjeu : restaurer la discipline sur les marchés et instaurer une culture de la transparence. En plus des mesures répressives, la sensibilisation reste un levier essentiel.

Des campagnes d’information sont jugées nécessaires pour inciter les commerçants à adopter une gestion plus humaine et rationnelle de leurs stocks, transformant le surplus en un geste solidaire plutôt qu’en déchet environnemental.

