Détérioration des routes en Algérie : le Ministère des Travaux publics explique la cause
Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a constaté que la surcharge généralisée des véhicules poids lourds est la cause principale de la dégradation accélérée du réseau routier national. Selon le bilan du commandement de la Gendarmerie nationale, l’Algérie a enregistré 7 735 accidents de la circulation en 2022, entraînant la mort de 2 996 personnes et 13 504 blessés.
Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a pris une décision claire : la dégradation rapide du réseau routier national est principalement due à la surcharge des poids lourds. Face à cette problématique, qui absorbe chaque année près de 30 % du budget du secteur pour la maintenance des routes, le gouvernement collabore avec la Gendarmerie nationale pour mettre en place un dispositif de contrôle inégalé et adopter une politique de tolérance zéro.
Le gouvernement intensifie ses efforts pour protéger son réseau routier. En raison des conséquences du non-respect des tonnages réglementaires, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a appelé à une mobilisation intersectorielle « permanente ».
Lors d’une journée d’étude et de sensibilisation organisée à Alger en partenariat avec la Gendarmerie nationale, le ministre a souligné que la surcharge des véhicules poids lourds représente un défi logistique, mais également une menace directe pour l’intégrité des infrastructures et la sécurité des usagers.
Les chiffres sont révélateurs. La circulation de camions chargés au-delà des limites autorisées entraîne un vieillissement accéléré des routes, des ponts et d’autres infrastructures. Les répercussions financières sont conséquentes : l’État est contraint de consacrer chaque année près de 30 % de son budget sectoriel aux seules opérations de maintenance et de réhabilitation du réseau routier.
Au-delà des aspects financiers, le coût humain est également alarmant. Selon le bilan fourni par le commandement de la Gendarmerie nationale pour l’année précédente, l’Algérie a enregistré 7 735 accidents de la circulation, entraînant la mort de 2 996 personnes et blessant 13 504 autres. Les autorités précisent que le facteur humain, en particulier le non-respect des règles fondamentales du code de la route, est à l’origine de 92 % de ces incidents. « La préservation des vies humaines et la protection des infrastructures constituent une responsabilité collective qui exige la mobilisation des efforts de tous », a affirmé Abdelkader Djellaoui.
Pour renverser cette tendance, le ministère s’appuie sur le nouveau code de la route et met en place de nouveaux outils de dissuasion. Bien que les infrastructures soient conçues pour supporter une charge maximale de 13 tonnes par essieu, les contrôles vont se renforcer grâce à une approche technologique modernisée.
Le ministère a déjà acquis 124 stations mobiles de pesage. Ces équipements sophistiqués incluent des plateformes sans fil capable de transmettre instantanément les données de pesée à distance, facilitant ainsi le travail des agents de contrôle.
Pour rendre ces contrôles opérationnels sur l’ensemble du territoire, une convention-cadre a été signée entre le ministère et le commandement de la Gendarmerie nationale. Cet accord permettra de doter les unités de la Gendarmerie de ces stations de pesage mobiles, leur permettant ainsi d’effectuer des contrôles aléatoires et réguliers sur tout le réseau routier et autoroutier, avec la possibilité d’intercepter immédiatement les contrevenants.
La rigueur s’applique également dans les centres de contrôle technique. L’Établissement national de contrôle technique automobile a indiqué qu’en 2025, plus de 6 millions de véhicules ont été inspectés. Ces vérifications ont permis d’éviter des situations dangereuses dans de nombreux cas : 2 139 véhicules ont été immobilisés pour danger imminent et 117 538 ont subi une contre-visite obligatoire. Les anomalies constatées concernaient principalement des éléments de sécurité fondamentaux, tels que les systèmes de freinage, les mécanismes de direction et les dispositifs de signalisation.
Face à ces constatations, le ministre a insisté sur le fait que la répression à elle seule ne suffira pas. Une coordination étroite doit se maintenir entre les ministères de l’Intérieur, des Transports, de la Justice et la Gendarmerie, accompagnée de campagnes de sensibilisation actives pour encourager les professionnels du transport à adopter une culture de responsabilité sur la route.
