Algérie

Corruption : 139 unités industrielles récupérées, échéance de l’État pour remise en service

Le processus de récupération des unités industrielles confisquées entre dans sa phase finale, avec l’objectif ambitieux du gouvernement d’achever ces opérations d’ici la fin de l’année 2026. Lors d’une récente visite à Annaba, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a souligné l’importance de ce chantier, qui concerne de nombreux actifs industriels désormais considérés comme appartenant au patrimoine public.

Le ministre a précisé que les autorités disposent de moins de cinq mois pour conclure les dernières étapes de ce projet crucial, qui inclut la réaffectation des unités industrielles à des activités économiques productives. « Nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir achevé le processus », a-t-il affirmé, tout en fixant une date butoir au 31 décembre 2026.

Bien qu’aucun nouveau bilan chiffré n’ait été communiqué lors de cette déclaration, Yahia Bachir a assuré qu’une « grande partie » des unités concernées avait déjà été récupérée. Le gouvernement doit maintenant se concentrer sur la finalisation des opérations restantes, qui visent à réintégrer ces capacités industrielles dans le circuit économique.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, comme l’a récemment rappelé le Premier ministre Sifi Ghrieb lors de l’inauguration d’une usine de fabrication de plaquettes de freinage à Reghaïa, près d’Alger. La récupération des biens issus de la corruption et leur réintégration dans l’économie nationale sont des priorités pour le gouvernement dans le cadre de son quinquennat.

Le processus ne se limite pas à la simple récupération juridique des biens. Une fois que les décisions de justice sont exécutées, l’État doit également gérer et réaffecter ces actifs pour éviter qu’ils ne restent inactifs. Plusieurs unités ont déjà été intégrées dans le secteur public, comme l’usine de production d’huile de table Safia, désormais sous le groupe public Agrodiv, ou la sucrerie de Khemis El-Khechna, transférée au groupe public Madar.

Selon les dernières informations disponibles, 139 unités industrielles ont été récupérées dans le cadre de cette opération. Les autorités ont également mis en place une agence spécialisée pour gérer ces actifs, ainsi qu’une commission chargée de leur réaffectation, favorisant les entreprises publiques capables de relancer rapidement les unités concernées.

La préservation des emplois et la continuité de l’activité sont des critères essentiels dans cette réaffectation. De plus, le ministère de l’Industrie a lancé une plateforme numérique à la fin de l’année dernière pour centraliser le suivi des biens confisqués, renforçant ainsi les outils de suivi et de contrôle de leur remise en exploitation. L’Inspection générale du ministère supervisera cette plateforme, visant à harmoniser les procédures et améliorer le suivi des biens récupérés.