Algérie

Coopération judiciaire Alger-Paris relancée : cadre du narcotrafic arrêté en Algérie

Moins de trois semaines après l’arrestation de Mehdi Laribi, surnommé « Tic », les autorités algériennes ont réalisé un nouvel exploit en matière de lutte contre le crime organisé. Le 3 août, Djamel Djeha, une autre figure emblématique du narcotrafic, a été interpellé et placé sous contrôle judiciaire.

Cette opération, d’une portée significative, a été mise en lumière par RTL et confirmée peu après par Gérald Darmanin, ministre français de la Justice, sur X (ex-Twitter). Ce dernier a salué cette arrestation en soulignant qu’elle témoigne de l’efficacité de la coopération entre la France et l’Algérie dans la lutte contre la criminalité organisée. Il a précisé : « Un cadre du narcotrafic et cible prioritaire de la justice française a été interpellé en Algérie par les autorités algériennes. Merci à elles pour cette coopération relancée au service de la sécurité de nos deux pays. »

Djamel Djeha est le frère de Mohamed Djeha, connu sous le nom de « Mimo », tous deux impliqués dans le dossier « Empire », une enquête judiciaire sur le trafic de drogue à Marseille. L’arrestation a cependant été entourée d’un certain flou, notamment en ce qui concerne un autre frère, Rachid Djeha. Alors que des rumeurs circulaient sur son interpellation, son avocat, Karim Achoui, a rapidement démenti ces informations, qualifiant l’erreur de « ni anodine ni acceptable » et soulignant l’impact négatif sur la présomption d’innocence de son client.

Les autorités algériennes avaient reçu les noms des deux frères, visés par des mandats d’arrêt en France, directement de Gérald Darmanin lors de sa visite à Alger en mai dernier. Si Djamel Djeha a été arrêté début août, Rachid Djeha reste quant à lui en fuite, selon des sources judiciaires.

Mohamed Djeha, également connu sous les alias « Mimo » ou « Suarez », est considéré comme l’un des trois plus grands narcotrafiquants français. Son arrestation en Algérie le 15 juin 2023 avait ouvert une période de calme stratégique entre certaines factions du crime organisé à Marseille. Toutefois, la situation s’est récemment détériorée, en partie à cause de la concurrence pour le contrôle des carrières de rappeurs, une nouvelle source de revenus prisée par les réseaux criminels.

Le ministère de la Justice a également confirmé l’arrestation de Mehdi Laribi, le présumé chef de la DZ Mafia, à la fin juillet en Algérie. Ce dernier, lui aussi visé par un mandat d’arrêt français, figurait parmi les « cibles prioritaires » des services judiciaires.