
Allocation touristique 750 € : la Banque d’Algérie annonce les règles de versement par carte
La Banque d’Algérie a publié ce lundi soir une nouvelle instruction réglementaire, portant le numéro 07, qui redéfinit les conditions d’octroi et d’utilisation du droit de change (750 euros) pour les voyages à l’étranger via carte de paiement international. Les devises accordées au titre du voyage ne peuvent financer que des opérations réalisées hors du territoire algérien, et uniquement dans le cadre du motif pour lequel elles ont été attribuées.
La Banque d’Algérie a publié, ce lundi soir, une nouvelle instruction réglementaire, numéro 07, qui redéfinit les conditions d’octroi et d’utilisation du droit de change (750 euros) pour les voyages à l’étranger par le biais d’une carte de paiement international. Ce texte, bien que bref, a des conséquences concrètes pour tout Algérien envisageant de voyager hors du pays.
La carte de paiement international, désignée également comme carte internationale dédiée au droit de change, est désormais soumise à des règles précises. Elle est émise exclusivement par une banque intermédiaire agréée au nom de son titulaire et ne peut être ni prêtée, ni cédée, ni mise à disposition d’un tiers. Seul le titulaire légal est autorisé à l’utiliser.
La Banque d’Algérie indique que la demande doit être faite suffisamment à l’avance par rapport à la date de départ prévue. La durée de validité minimale de la carte est fixée à trois ans. Cette mesure procure une certaine flexibilité aux voyageurs réguliers tout en maintenant un contrôle strict sur l’identité du bénéficiaire.
L’instruction est claire au sujet de l’utilisation des devises : celles octroyées pour un voyage ne peuvent servir qu’à couvrir des dépenses réalisées à l’étranger, uniquement pour les motifs pour lesquels elles ont été délivrées. Toute utilisation détournée, notamment sur le territoire national, constitue une violation flagrante de la réglementation en matière de changes.
Cette restriction s’inscrit dans une stratégie de contrôle que la Banque d’Algérie met en œuvre de manière progressive. En juin dernier, cinq réformes majeures approuvées par l’autorité monétaire avaient déjà élargi l’éventail des cartes internationales pour les particuliers et les professionnels. L’instruction n°07 complète ces mesures en précisant les obligations des titulaires.
Il est également important de rappeler que les règles douanières imposent aux voyageurs algériens de déclarer tout montant en monnaie étrangère dépassant 1 000 euros. La carte internationale ne dispense pas de ces obligations.
L’une des dispositions les plus contraignantes du texte concerne le remboursement en cas d’annulation du voyage. Le bénéficiaire doit restituer à sa banque l’intégralité du montant en devises qui lui a été accordé. Cette obligation s’applique également si le séjour à l’étranger est inférieur à sept jours.
Le remboursement doit être effectué auprès de la banque intermédiaire où le compte du titulaire est domicilié. Il n’y a aucune tolérance prévue pour les séjours écourtés. Cette mesure vise à éradiquer les voyages fictifs ou trop courts, utilisés pour obtenir des devises sans contrepartie réelle.
Cette approche vise à renforcer la traçabilité et la restitution, en accord avec les réformes mises en place par l’autorité monétaire ces derniers mois. En mai, une instruction de la Banque d’Algérie avait déjà imposé la domiciliation bancaire avant l’expédition de marchandises importées, afin de bloquer les sorties illégales de devises via des opérations commerciales.
L’instruction n°07 fait partie d’une série de décisions coordonnées prises par la Banque d’Algérie pour maîtriser les flux de devises. Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait lui-même approuvé l’exigence de paiement de l’allocation touristique par carte bancaire, afin de mettre fin aux détournements opérés par des intermédiaires.
Chaque étape, de l’allocation touristique à la carte de paiement international, est ainsi progressivement sécurisée. L’objectif demeure constant : assurer que chaque transaction soit traçable, chaque dépense justifiable et chaque bénéficiaire identifiable.
