Algérie : démantèlement d’un réseau criminel lié aux feux de forêt, peine de mort encourue
Quatre hommes ont été placés en détention à Constantine, inculpés pour avoir délibérément provoqué des incendies dans des zones forestières. Le parquet de Sidi M’hamed a publié un communiqué détaillant trois affaires distinctes liées à la récente vague d’incendies criminels ayant touché plusieurs wilayas du pays en fin de semaine dernière. Les accusations portées sont d’une gravité extrême : actes terroristes et destruction volontaire de forêts domaniales, des infractions passibles de la peine de mort.
Trois affaires distinctes ont été examinées par la même juridiction. Dans la première, deux individus, « B.S.A » et « F.A », sont accusés d’avoir intentionnellement incendié des broussailles près du quartier de Sanaoubar à Constantine. Une vidéo récupérée par les enquêteurs les montre en train d’allumer le feu sur les lieux du sinistre, constituant une preuve accablante.
La deuxième affaire concerne un certain « L.F », également filmé en train de mettre le feu à des arbustes et des arbres le long de la route de la Soummam, toujours dans la wilaya de Constantine. Le troisième dossier présente une nature légèrement différente. « B.S » a été interpellé en flagrant délit alors qu’il brûlait deux tas de câbles en cuivre contre le mur en béton de l’autoroute reliant Constantine à Annaba, au niveau de Ben Abdelmalek Ramdane. Cet incendie a ravagé deux hectares de forêt domaniale.
À l’issue des enquêtes menées conjointement par la brigade criminelle de la sûreté de wilaya de Constantine et le service de recherche et d’investigation de la Gendarmerie nationale, les quatre suspects ont été présentés au magistrat instructeur, qui a ordonné leur détention provisoire.
Les charges retenues sont particulièrement sévères. Les suspects sont accusés d’appartenir à un réseau criminel organisé ayant commis des actes terroristes et subversifs, mettant en danger la vie, la sécurité et les biens des personnes, conformément aux articles 87 bis et 87 bis 1 du code pénal. À cela s’ajoute le crime d’incendie volontaire de forêts appartenant à l’État, sanctionné par l’article 138 de la loi relative aux forêts et aux richesses forestières. Ces dispositions prévoient, dans leur degré le plus grave, la peine capitale.
Ces arrestations interviennent dans un contexte national particulièrement tendu. Le 18 juillet 2026, la Protection civile a enregistré 104 départs de feu en une seule journée sur l’ensemble du territoire, dont 42 foyers encore actifs mobilisant les équipes dans vingt wilayas. Constantine était parmi les zones touchées, aux côtés de Skikda, Béjaïa, Sétif et Guelma.
Face à cette pression saisonnière, l’État a entrepris une modernisation significative de ses capacités de détection. Le déploiement de 140 drones de surveillance, associé à l’exploitation d’images satellitaires, constitue l’un des axes majeurs du dispositif 2026, conçu pour identifier les foyers naissants avant qu’ils ne se propagent. C’est précisément ce type de surveillance technologique, combiné aux efforts des forces de sécurité sur le terrain, qui a permis d’identifier les suspects de Constantine grâce aux enregistrements vidéo.
