
Affaire Houris : Kamel Daoud relaxé, plainte de Saâda Arbane rejetée.
Kamel Daoud, romancier franco-algérien, a été acquitté ce mardi par la justice française dans une affaire de diffamation intentée par Saâda Arbane. Cette dernière l’accusait d’avoir utilisé son histoire personnelle sans son accord pour écrire son roman *Houris*.
Le procès s’est tenu début juin à Paris, mais l’écrivain de 56 ans était absent. Les accusations portées contre lui découlaient d’une interview publiée en avril 2025 dans *Le Figaro*, où il déclarait que « Alger peut déposer plainte contre Kamel Daoud en France ».
Saâda Arbane, âgée de 32 ans et survivante des tragédies de la « Décennie noire », reproche à Daoud d’avoir tiré parti de son vécu pour nourrir son œuvre. En réponse, l’auteur a fermement nié ces allégations. Arbane a engagé des poursuites judiciaires tant en France qu’en Algérie, qui sont toujours en cours.
Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Paris a statué qu’il n’y avait pas de délit, affirmant que « la partie civile n’est pas identifiable » dans les propos contestés et qu’aucune preuve n’établissait son identification par des tiers. Les juges ont jugé les poursuites « manifestement infondées » et ont condamné Arbane à verser un euro de dommages et intérêts à Kamel Daoud, ainsi que 1 500 euros au directeur de publication du *Figaro*, Marc Feuillée, pour préjudice moral.
Lors de l’audience, l’avocate de Saâda Arbane, Me Colomba Grossi, avait contesté cette décision, affirmant que même sans mention explicite, il était évident que sa cliente était identifiable à travers les mots de Kamel Daoud, notamment par le biais de la métonymie « Alger ».
En parallèle, Kamel Daoud fait face à une situation juridique complexe en Algérie. Le 21 avril, il a été condamné par contumace à trois ans de prison par la Cour de Falaoucen à Oran, suite à une plainte de l’Organisation nationale des victimes du terrorisme. Il est également visé par une autre plainte déposée par Saâda Arbane.
L’avocate de Kamel Daoud, Me Jacqueline Laffont, a dénoncé l’accumulation des poursuites contre son client, évoquant un harcèlement judiciaire tant en France qu’en Algérie, visant à l’épuiser et à entraver sa capacité à travailler.
