France

Classement Pisa 2026 : Les élèves français en difficulté, au-delà des chiffres.

Les résultats de la dernière étude PISA, publiée ce mardi, dressent un tableau préoccupant des compétences des élèves français. Avec un classement désormais à la 27e place sur 91 territoires évalués, la France se maintient dans la moyenne des 37 pays de l’OCDE, mais enregistre une chute significative de ses performances. En effet, les résultats en mathématiques et en compréhension de l’écrit affichent une baisse alarmante, avec une diminution de 16 points en mathématiques et de 18 points en lecture par rapport à l’édition précédente.

Cette étude, qui évalue les compétences des élèves de 15 ans tous les trois ans, prend également en compte des facteurs tels que l’implication des élèves, le soutien parental et l’impact du milieu social sur les performances scolaires. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié ces résultats de « préoccupants », tout en soulignant qu’ils n’étaient pas une surprise.

Les inégalités sociales s’accentuent dans le système éducatif français, comme le montre l’étude. Les disparités entre les élèves de seconde générale et ceux de seconde professionnelle sont particulièrement marquées, ces derniers affichant des résultats bien en deçà de la moyenne. Les élèves en difficulté rencontrent des obstacles croissants, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit, tandis que les inégalités de genre persistent, désavantageant les filles dans ces matières.

La sociologue Clémence Perronnet, spécialiste de l’impact familial sur l’éducation, souligne que la France se classe parmi les pays de l’OCDE avec les plus fortes inégalités scolaires. Elle attribue cette situation à l’organisation du système éducatif, affirmant que les politiques éducatives récentes ont détérioré les conditions d’apprentissage.

Pour expliquer cette baisse de niveau, Perronnet met en avant l’augmentation du nombre d’élèves par classe et le manque de ressources allouées aux enseignants. Elle critique également la réforme du lycée, qui a créé un système à deux vitesses en mathématiques. De son côté, Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE, pointe du doigt les conditions de vie en classe, évoquant des températures dépassant les 35 °C en période de canicule et des millions d’heures de cours perdues en raison de l’absence de professeurs.

Avant la publication de l’étude, des voix nostalgiques se sont élevées sur les réseaux sociaux, évoquant un temps où le niveau scolaire était jugé meilleur. Des comparaisons ont été faites, comme celle de François Ruffin, qui a noté une augmentation des fautes dans les dictées au fil des décennies. Toutefois, Ozcelik rappelle qu’il est difficile de comparer des systèmes éducatifs d’époques différentes.

Nadir Altinok, économiste et professeur à l’Université de Lorraine, aborde la question sous un autre angle. Selon lui, il est essentiel de comprendre si les compétences développées par les élèves répondent aux besoins actuels et futurs de la société, plutôt que de se concentrer uniquement sur une baisse apparente du niveau.

Enfin, bien que les classements PISA soient souvent critiqués pour leur simplisme, ils ne mesurent pas toutes les compétences des élèves. Ozcelik souligne que l’école doit aussi se focaliser sur des compétences telles que le vivre-ensemble. Altinok ajoute que les jeunes d’aujourd’hui acquièrent des compétences nouvelles, notamment en matière d’analyse critique, et que leur confiance en leur capacité à progresser, le « growth mindset », est un atout précieux pour l’avenir.