Algérie

Affaire de trafic à l’aéroport d’Alger : lingots d’or et complices révélés


Douze individus, soupçonnés d’être impliqués dans un réseau de trafic d’or organisé, ont été présentés dimanche devant le tribunal de Dar El Beida, à Alger. Cette affaire met en lumière un système complexe de contrebande de lingots d’or et de devises, qui opérait principalement via l’aéroport international Houari Boumediene.

D’après des sources du média arabophone Echourouk, les accusés font face à des accusations graves, notamment de contrebande, d’importation illégale de bijoux en or, ainsi que de blanchiment d’argent. Les enquêteurs affirment que ces personnes ont facilité le trafic en s’intégrant dans un groupe criminel structuré. En outre, ils sont également poursuivis pour des violations de la législation sur le change et les mouvements de capitaux, ainsi que pour absence de facturation et trafic d’influence.

Les infractions retenues contre eux s’appuient sur plusieurs dispositions du code pénal, ainsi que sur la loi de prévention et de lutte contre la corruption, sans oublier les réglementations relatives aux changes.

L’affaire prend racine le 19 février 2025, lorsqu’un contrôle de routine à l’aéroport révèle un passager, identifié comme « B. Réda », tentant de dissimuler une quantité significative d’or. Ce dernier, en partance pour Istanbul à bord du vol TK0654 de Turkish Airlines, avait caché des lingots et des devises étrangères dans ses chaussures, sous-vêtements et ceinture. L’inventaire a révélé la présence de 14 lingots d’or non marqués, pesant au total environ 9,59 kilogrammes, ainsi que plus de 10 000 euros et d’autres devises.

Suite à cette découverte, le service central de lutte contre le crime organisé a pris le relais de l’enquête. Les investigations ont révélé que « B. Réda » effectuait régulièrement des voyages entre l’Algérie et la Turquie, avec une fréquence de quatre à cinq fois par mois depuis 2023.

Ce mis en cause est également enregistré comme commerçant de détail de bijoux et montres dans la wilaya de Blida. L’enquête a mis en évidence un circuit organisé, où des ateliers en Turquie transformaient l’or exporté clandestinement. Ce dernier était ensuite réintroduit en Algérie et vendu dans des bijouteries, avec la complicité possible de certains employés, y compris des agents de sécurité de l’aéroport, qui auraient perçu des sommes estimées à 400 millions de centimes pour leur aide.

Aujourd’hui, plus d’un an après les événements, le procès des douze accusés s’ouvre, promettant de révéler les mécanismes d’un trafic transfrontalier complexe.