
Affaire de profanation du drapeau national : peine d’appel réduite pour les condamnés
La Cour d’Alger a récemment réduit la peine infligée à deux individus reconnus coupables de profanation du drapeau national lors d’un événement festif dans un hôtel d’Alger. Bien qu’ils aient interjeté appel, les deux hommes restent incarcérés.
La décision de la cour d’appel a fixé leur peine à cinq ans de prison ferme. Le premier, identifié par les initiales « Kh. A. A. », était l’organisateur de la soirée, tandis que le second, « A. M. S. », était en train de filmer les événements au moment des faits.
Les antécédents des prévenus avaient été examinés lors de l’instruction. L’un d’eux, gérant d’une agence de publicité et actif sur TikTok, et l’autre, employé dans une entreprise d’impression, avaient été au cœur d’une procédure où le procureur avait initialement requis une peine de dix ans de réclusion pour chacun.
Sur le plan civil, la cour a maintenu l’obligation pour les deux hommes de verser solidairement 20 millions de dinars au Trésor public, en réparation du préjudice causé par leurs actes.
Un aspect notable de cette affaire est la tentative de l’hôtel de se constituer partie civile, qui a été rejetée par les juges, n’accordant pas à l’établissement le statut de victime dans ce contexte.
Rappelons qu’en première instance, le tribunal de Bir Mourad Raïs avait reconnu la culpabilité des deux prévenus, prononçant une peine de sept ans de prison ferme et ordonnant leur détention immédiate.
L’affaire a débuté avec une vidéo virale, largement diffusée sur Facebook et TikTok, montrant le drapeau national au sol, piétiné par des participants à la fête devant le complexe hôtelier à Hydra. Cette séquence a suscité une indignation massive en quelques heures.
Les autorités ont rapidement réagi, le ministère du Tourisme envoyant une mission d’inspection sur place, suivie de la fermeture de l’hôtel et du retrait de sa licence. Une commission d’enquête a été mise en place pour établir les faits avec précision.
Les poursuites se fondent sur l’article 160 bis du code pénal, qui sanctionne les atteintes volontaires à l’emblème national. L’intentionnalité de l’acte a été au cœur de l’accusation dès le début, y compris lors de la présentation des suspects devant le procureur.
Pour le public, la limite a été franchie. Le drapeau symbolise la souveraineté du pays et le sacrifice des martyrs, un sentiment largement partagé et exprimé par des milliers d’internautes après la diffusion des images.
