1,6 milliard de centimes volés sous menace d’arme : peines alourdies par la Cour d’Oran
La Cour d’Oran a récemment alourdi la peine d’un homme impliqué dans un vol à main armée survenu à Bir El Djir. Initialement condamné à cinq ans de prison, l’individu, connu sous les initiales « M.H. », se voit désormais infliger une peine de sept ans de réclusion. Son complice, qui reste introuvable, a été condamné par contumace à dix ans d’emprisonnement, accompagné d’un mandat d’arrêt.
Les deux hommes faisaient face à des accusations graves, notamment celle de constitution d’une association de malfaiteurs et de vol qualifié avec usage d’une arme à feu. Leur cible n’était pas anodine, puisque le montant dérobé à deux cadres d’une entreprise privée s’élevait à plus d’un milliard et demi de centimes.
Le braquage s’est déroulé en quelques secondes dans une rue de Bir El Djir. Le gérant de l’entreprise, après s’être arrêté pour remettre des documents à son collaborateur, a été surpris par une voiture qui s’est arrêtée à sa hauteur. Deux individus masqués en sont sortis, aspergeant les employés de gaz lacrymogène avant de les menacer avec une arme à feu. En un instant, la sacoche contenant plus d’un milliard et 600 millions de centimes, ainsi que des chèques et des cachets de la société, a été volée. Les agresseurs ont ensuite pris la fuite.
Les victimes, entendues séparément par les forces de sécurité, ont fourni des témoignages concordants, ce qui a permis le lancement rapide d’une enquête. Les enquêteurs se sont immédiatement rendus sur les lieux du braquage.
L’enquête a pris un tournant décisif grâce aux caméras de surveillance d’une maison voisine. Les images ont révélé l’identité du véhicule utilisé, qui appartenait à une agence de location. Le gérant de l’agence a alors pu identifier le client ayant loué la voiture. Ce recours à la vidéosurveillance s’est avéré essentiel, comme l’illustre un précédent cas de braquages à l’arme blanche à Alger, où des enregistrements diffusés sur les réseaux sociaux avaient également joué un rôle clé.
Un détail crucial a émergé : les deux employés ont reconnu leur agresseur immédiatement. En effet, cet homme avait travaillé avec eux pendant cinq mois, ce qui lui avait permis de connaître les habitudes du gérant et les jours de distribution des salaires. Interrogé, il a mentionné le nom de son complice, « B.A.A. », qui est toujours en fuite.
Lors de son procès en appel, l’accusé a maintenu qu’il avait simplement loué la voiture pour aider son complice, sans avoir participé au vol. Toutefois, les magistrats ont présenté une preuve irréfutable : le positionnement de son téléphone portable le plaçait sur les lieux du crime au moment des faits. Le procureur a alors requis une peine de dix ans de prison pour lui, tout en demandant un mandat d’arrêt pour son complice.
Après délibération, la Cour a décidé d’aggraver la peine initiale. L’accusé a été condamné à sept ans de prison ferme, tandis que son complice a écopé de dix ans par contumace, avec un mandat d’arrêt en cours.
