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Canada riposte aux attaques de Trump avec des droits de douane de 15 à 50 % sur des produits américains.

À partir du 8 septembre, le Canada mettra en œuvre des surtaxes douanières allant de 15 à 50 % sur divers produits américains, marquant une escalade dans les tensions commerciales entre les deux pays. Cette décision a été officialisée par Ottawa, qui a précisé que ces mesures toucheront des secteurs tels que l’acier, les produits laitiers, le matériel agricole, le papier, l’électronique et l’électroménager. Les montants des surtaxes canadiennes seront alignés « au dollar près » avec celles imposées par les États-Unis sur les produits canadiens. Cette situation est d’autant plus préoccupante pour le Canada, qui dépend fortement de son voisin du sud, les États-Unis représentant 70 % de ses exportations.

Cette riposte survient après l’échec des négociations, une décision prise vendredi par le Premier ministre Mark Carney, qui a qualifié les conditions américaines de « injustes ». Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a affirmé que le Canada se tenait « uni » face à ce « défi sans précédent ». De son côté, Mélanie Joly, la ministre canadienne de l’Industrie, a indiqué avoir contacté les dirigeants de Ford, Honda et Toyota Canada pour les rassurer face aux menaces de droits de douane de 50 % sur les véhicules, affirmant que le gouvernement se battrait pour protéger ces emplois.

Pour soutenir les entreprises affectées par cette guerre commerciale, le gouvernement canadien a également annoncé une aide financière de 7,5 milliards de dollars canadiens, soit environ 4,6 milliards d’euros. Ce soutien vise à renforcer la trésorerie des entreprises, à améliorer les indemnisations chômage et à financer un « Fonds de diversification pour un Canada fort », destiné à aider les secteurs touchés à explorer de nouveaux marchés à l’exportation.

Du côté américain, Washington a introduit des surtaxes sur 20 milliards de dollars de produits canadiens depuis le 22 août, incluant des articles tels que le ciment, les alcools et les crosses de hockey. Le président Donald Trump a récemment annoncé que les droits de douane sur les secteurs automobile et de l’acier canadiens atteindraient 50 % à compter du 1er janvier prochain. Mardi, il a également durci son discours en évoquant la possibilité de renommer le Lac Ontario en Lac de l’Amérique et a déclaré que les États-Unis ne comptaient « plus faire beaucoup de business avec l’Ontario ».

Le conflit a également mis en lumière des questions linguistiques, Ottawa ayant affirmé que les discussions avec Washington incluaient des sujets relatifs aux subventions à la culture francophone, à la présence des médias francophones en ligne et à l’étiquetage bilingue des produits. Toutefois, Donald Trump a démenti cette version, affirmant qu’il ne s’immiscerait jamais dans les affaires des Canadiens francophones et accusant Mark Carney de vouloir renforcer son soutien au Québec.

Mark Carney a réaffirmé que le Canada ne s’engagerait pas dans un accord avec Washington « à n’importe quel prix », soulignant les ressources énergétiques et minières du pays. Depuis son accession au pouvoir en mars 2025, il s’efforce de réduire la dépendance commerciale du Canada vis-à-vis des États-Unis, en favorisant des échanges avec l’Asie et l’Europe. Un sondage réalisé ce week-end révèle que 76 % des Canadiens soutiennent la rupture des négociations avec Washington, tandis que 62 % approuvent les mesures de représailles annoncées par Ottawa.