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Royaume-Uni : Deux adolescents violeurs en appel condamnés à prison ferme

Deux adolescents de 15 ans condamnés pour le viol de deux mineures en Angleterre ont été envoyés en prison après que la Cour d’appel de Londres a jugé que la peine initiale était trop clémente et les a condamnés à quatre ans de détention ferme. Un troisième adolescent, aujourd’hui âgé de 14 ans, a également été condamné dans cette affaire pour avoir encouragé les deux autres à commettre l’un des viols, sa peine de réinsertion de 18 mois n’ayant pas été modifiée.


Deux adolescents de 15 ans, reconnus coupables du viol de deux mineures en Angleterre, ont été écroués. Jeudi, la Cour d’appel de Londres a considéré que la peine initiale, fondée sur des mesures de réinsertion, était trop clémente et a décidé de les condamner à quatre ans de prison ferme.

Cette décision met un terme à une importante controverse au Royaume-Uni. Le jugement rendu le 21 mai avait suscité un véritable émoi, en particulier après le témoignage de l’une des victimes. Les deux garçons avaient été déclarés coupables de viols survenus le 26 novembre 2024 et le 17 janvier 2025 à Fordingbridge, dans le sud de l’Angleterre. Lors de la seconde agression, un couteau avait été utilisé pour menacer la victime.

Les juges ont jugé que les mesures de réinsertion associées à une surveillance intensive étaient « excessivement indulgentes ». La présidente de la Cour d’appel, Sue Carr, a affirmé : « Vous devez tous les deux être placés en détention […] Ce que vous avez fait est tellement grave que nous n’avons pas d’autre choix. »

À l’époque des faits, les victimes avaient 15 et 14 ans. Les agresseurs avaient filmé les viols avant de partager les vidéos sur les réseaux sociaux. Suite à l’émotion provoquée par cette affaire, le procureur général britannique avait demandé un réexamen de la peine devant la Cour d’appel, une initiative applaudie par le Premier ministre Keir Starmer.

Les familles des deux adolescentes ont bien accueilli cette nouvelle décision. « La justice a finalement été rendue », ont déclaré l’une des victimes et sa famille dans un communiqué transmis par leurs avocats. « Le jugement d’aujourd’hui ne peut effacer ce que notre fille a enduré, mais il reconnaît la gravité de ces infractions », ajoute le texte.

L’affaire a également suscité des réactions au-delà des frontières britanniques. Interrogée par la BBC, la Française Gisèle Pelicot, qui s’est affirmée comme une figure de la lutte contre les violences sexuelles, s’est dite « profondément choquée que ces individus aient en réalité pu recouvrer la liberté, alors que les victimes souffrent tellement qu’elles ne pourront jamais guérir ».

Lors du procès initial, le juge du tribunal criminel de Southampton avait reconnu la « gravité » des faits, tout en expliquant vouloir éviter de « criminaliser inutilement » ces garçons qu’il avait décrits comme « très jeunes ». Des propos qui avaient profondément marqué l’une des victimes. « Ces mots m’ont frappée de plein fouet, comme un coup de poing en plein visage », avait-elle confié à la BBC après le jugement. Un troisième adolescent, aujourd’hui âgé de 14 ans, a également été condamné dans cette affaire pour avoir incité les deux autres à commettre l’un des viols. Sa peine de réinsertion de 18 mois n’a, en revanche, pas été modifiée jeudi.