France

Tabagisme : l’Assurance maladie recommande d’interdire la vente de cigarettes aux jeunes nés après 2009.

L’Assurance maladie plaide pour interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 et a prévu un déficit de 13,8 milliards d’euros en 2026. Aujourd’hui, seulement 18,7 % des 65 ans et plus sont vaccinés contre les pneumonies et le coût associé est estimé « entre 2,7 à 3,4 milliards » d’euros annuels.


L’Assurance maladie demande l’interdiction de la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 afin de favoriser l’émergence d’une « génération sans tabac », comme l’indique son rapport annuel « charges et produits » publié jeudi, destiné à « éclairer les débats » budgétaires de l’automne. Le Royaume-Uni a récemment adopté cette mesure, devenant ainsi « le deuxième pays du monde » à le faire, selon l’Assurance maladie.

« Il n’y a pas de raison d’être plus bêtes » qu’eux, la France « est capable de faire ça » ; alors qu’aujourd’hui, « malgré tout ce qui a été fait (affichages sur les paquets, hausse des prix…) on reste mauvais par rapport à nos voisins », a déclaré le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, lors d’une conférence de presse.

### Le Nutri-Score aussi dans le viseur

L’Assurance maladie suggère également de « rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits emballés et, en parallèle, ajouter une information sur le caractère ultratransformé du produit ». « Il est maintenant temps de concrétiser le virage préventif » des politiques de santé car la prévention est la « bataille de la décennie » et constitue « un bon investissement », a affirmé Samira Lehaine, la présidente (CFDT) du conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Le déficit de l’Assurance maladie est prévu à 13,8 milliards d’euros en 2026 et, selon les dernières prévisions, il pourrait s’aggraver pour atteindre 15 milliards d’euros en 2027 et 17 milliards d’euros en 2029, a rappelé Thomas Fatôme.

Parmi les autres mesures préventives, l’Assurance maladie propose de rendre obligatoire le port du casque à vélo et sur les « engins de déplacement personnel motorisés » pour les plus de 12 ans, en raison de la hausse « des accidents de trajet » : ceux-ci ont augmenté de 7,6 % en 2024 et ont doublé depuis 2017, précise-t-elle. Elle envisage également de « construire en deux ans, […] une grande campagne de vaccination contre les pneumocoques » pour les personnes de plus de 65 ans, avec « la même ambition » que celle qui entoure la vaccination contre la grippe.

### Près de 4 milliards d’économie comme objectif

À l’heure actuelle, seulement 18,7 % des personnes de 65 ans et plus sont vaccinées, et le coût associé aux pneumonies et infections liées est estimé « entre 2,7 à 3,4 milliards » d’euros par an. Concernant les économies, l’Assurance maladie propose notamment de mettre en œuvre des efforts de « désescalade thérapeutique » en oncologie, « sans perte de chance pour le patient ».

Elle souhaite aussi « revoir le périmètre de prescription » du très coûteux Vyndaqel (amylose cardiaque), qui figure en tête des 20 médicaments les plus remboursés par l’Assurance maladie. De manière générale, la Sécu estime que ses différentes propositions permettront d’atteindre l’objectif de 3,9 milliards d’économies par an, « nécessaire pour assurer la soutenabilité des dépenses » à l’horizon 2030.