France

Crash à Nancy : onze morts, météo clémente, détails révélés

Ce dimanche, un crash d’avion civil sur la commune de Tomblaine, dans la banlieue de Nancy, a fait onze morts, dont cinq moniteurs de parachute, leurs cinq élèves et le pilote. L’incident s’est produit vers 11 heures, juste après le décollage de l’avion immatriculé en Allemagne, qui opérait un baptême de parachute.


Le drame s’inscrit parmi les plus graves catastrophes aériennes en France. Ce dimanche, onze personnes ont trouvé la mort dans le crash d’un avion civil à Tomblaine, banlieue de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Selon les premières informations de la préfecture, l’avion effectuait un baptême de parachute. Tous les occupants du petit avion ont péri. D’après le bureau d’études et d’aviation (BEA), il s’agit de l’accident le plus meurtrier en France, en dehors des transports militaires et commerciaux. 20 Minutes fait le point.

Qui sont les victimes ?

Onze personnes ont perdu la vie dans ce crash. Le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a précisé que les victimes comprennent cinq moniteurs de parachute, leurs cinq élèves et le pilote de l’avion. Selon une source proche du dossier, les élèves étaient tous des infirmiers libéraux et participaient à un baptême collectif de parachute. Certaines personnes présentes sur l’aérodrome et des proches des victimes ont assisté au drame en direct, voyant l’avion plonger peu après son décollage.

Une cellule d’urgence médico-psychologique est « en train de prendre en charge plusieurs proches des victimes qui étaient présentes sur l’aérodrome », a indiqué le préfet. Certains s’apprêtaient à filmer leurs proches lors de leur saut en tandem.

Que s’est-il passé ?

L’appareil s’est écrasé vers 11 heures sur une zone herbeuse à Tomblaine, près de la piste de l’aérodrome de Nancy-Essey où il venait de décoller. L’avion, un Pilatus immatriculé en Allemagne et loué pour l’occasion, est tombé à proximité de la rue Salvador Allende, non loin d’une zone habitée et de deux routes. Le bilan aurait donc pu être bien plus lourd. « C’est dramatique, mais ça aurait pu être encore pire », a déclaré le maire (PS) de Nancy, Mathieu Klein, soulignant que l’avion est « tombé à quelques mètres d’habitations. » « Il n’y a pas de victimes collatérales », a corroboré le préfet de Meurthe-et-Moselle.

L'avion avait décollé quelques minutes plus tôt de l'aérodrome de Nancy-Tomblaine pour un baptême de parachute. Photo de Dimitri RAHMELOW/AFP)
L’avion avait décollé quelques minutes plus tôt de l’aérodrome de Nancy-Tomblaine pour un baptême de parachute. Photo de Dimitri RAHMELOW/AFP) - Dimitri Rahmelow/AFP

« J’ai vu l’avion qui montait, il avait vraiment le nez en l’air, et puis tout d’un coup, plus de bruit, et il est parti sur la droite », a expliqué un témoin de la scène aux journalistes. L’avion serait tombé « à pic » et « de façon totalement inexpliquée au moment de la phase ascensionnelle », a précisé le maire de Tomblaine, Hervé Féron. Ce dimanche, la police a demandé d’« éviter impérativement » le secteur « afin de laisser l’accès libre aux secours et forces de l’ordre. »

Quelles sont les causes du drame ?

Aucune explication n’a encore été fournie. Le pilote était expérimenté et la météo était clémente ce dimanche matin. Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris a annoncé qu’il se saisissait de l’enquête. Une femme ayant effectué un saut depuis le même avion la veille du drame a déclaré à BFM TV que tout s’était bien passé.

Sur place, le procureur de la République adjoint de Nancy, Amaury Lacôte, a indiqué avoir « saisi la section des recherches de Paris en co-saisine avec la brigade de gendarmerie des transports aériens de Nancy-Metz, qui vient de débuter les constatations techniques ». La Section de recherches gendarmerie de transport aérien (SRGTA) a également été mobilisée.

Quinze gendarmes, dont cinq techniciens en identification criminelle et enquêteurs en aéronautique, ont été dépêchés sur les lieux. Les effectifs devraient augmenter au fil des heures, a précisé la gendarmerie. Les investigations devraient être « nombreuses et d’une particulière technicité », a indiqué le pôle accidents collectifs.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le ministre des Transports Philippe Tabarot sont attendus sur place ce dimanche en fin d’après-midi.